Cet article fait suite à ma lecture du trimestriel Espèces, spécialisé dans l’histoire naturelle et riche vivier pour concevoir des créatures. Il s’agit d’une dérive imaginaire à partir des aptitudes d’une espèces de plante qui est pollinisée par un parasite ou charognard – le « vampire » du titre de la référence. Or des vampires en fantasy, on n’en manque pas. Et si on avait des plantes qui les intègrent dans un écosystème ?
Voir aussi : « Pollinisée par des vampires » brève in Espèces n°50, décembre 2023, p.8.
Plus de bibliographie…
Qu’est-ce que la cleptomyiophilie ?
La cleptomyiophilie est une mimétisme floral sophistiqué qui favorise la pollinisation.
Fonctionnement habituel
Le fonctionnement emblématique est celui d’Aristolochia rotunda (Aristolochiaceae), ou de Ceropegia sandersonii.
- Les fleurs tubulaires émettent des odeurs de punaises blessées par des arthropodes prédateurs, attirant ainsi des diptères parasites qui convoitent ce genre de proie. Mais en atterrissant sur les fleurs d’Aristolochia rotunda, ils se retrouvent piégés au fond du tube floral et ne sortent de ce piège que recouverts de pollen.
- Chez Ceropegia sandersonii(une Asclepiadoideae), sud-africaine, il s’agit de contrefaire les phéromones d’alarme émises par les abeilles lorsqu’elles sont attaquées par des araignées. Ces senteurs attirent des Desmometopa, des moucherons qui sucent l’hémolymphe des abeilles victimes, et se retrouvent eux aussi piégés dans les fleurs.
Un nectar simulant l’hémoglobine
Ceropegia gerradii se distingue parmi les Asclepiadoideae. Il est précisé : « Ses fleurs émettent des odeurs d’apidés (abeilles et apparentés) en détresse, et leur corolle secrète des gouttelettes qui simulent l’hémolymphe suintant d’une abeille blessée. Les mouches visitant les fleurs peuvent passer plusieurs heures sur les pétales à aspirer ce nectar, un comportement qui favorise l’acquisition ou le dépôt de pollen. La présence de protéines dans ce nectar – une originalité chez les Asclepiadoideae –, attire surtout des mouches femelles, qui en ont besoin pour produire leurs œufs. »
Quelles applications en univers fictionnels ?
Prenons le cas d’un univers où les « striges » existent. Le terme a plusieurs sens, dans différents univers. Je parle ici de la « Bête de taille Très Petite », décrite dans le SRD 5.1 p.386. Sa particularité la plus marquante est d’être hématophage : elle se nourrit du sang des aventuriers (notamment). On peut imaginer que son existence ne se limite pas à embêter les aventuriers, mais qu’elle ait co-évolué avec d’autres espèces. Comme ma digression à ce propos devenait volumineuse, je vous la mets au programme pour lundi prochain 📆✨
La plante au nectar sanguin
Dans ces conditions, nous pourrions admettre qu’une plante de type « Ceropegia » pourrait tirer profit de la strige pour sa pollinisation. Cette « Ceropegia sanguina » (fictive) serait du genre à avoir d’assez grandes feuilles et tiges, et dégagerait un savoureux nectar analogue au sang.
Une fois qu’on admet l’existence d’une telle plante, on peut dériver des usages :
- Ce sang conviendrait-il aux vampires (humanoïdes atteints de vampirisme) ? Le cas échéant, on pourrait voir advenir de véritables vampires végétariens et jardiniers !
- Ce nectar fascinant a tout pour être un ingrédient apprécié par les alchimistes. Peut-être d’ailleurs la clef pour un remède contre le vampirisme ?
Digression : A-t-on vraiment besoin des striges ?
A-t-on besoin des striges pour justifier l’existence de Ceropegia sanguina dans un univers de fantasy ? Non, probablement pas. On pourrait imaginer simplement une interaction avec des moustiques. Pour une variante poussant dans les marais, une association complexe avec des sangsues serait peut-être concevable.

| Description | Ceropegia sandersonii English: Fountain flower, Parachute plant |
| Date | 28 October 2006 |
| Source | Self-photographed |
| Author | Wildfeuer |
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