La semaine passée, je réfléchissais à la création de plantes de fantasy à partir d’un phénomène de mimétisme floral. De là, j’ai dérivé vers des questionnements existentiels sur la nature de la strige, et sa place dans l’environnement.
Voir aussi : Un nectar sanglant.
Plus de bibliographie…
Pourquoi viser les aventuriers ?
En toute logique, la strige 5e édition ferait mieux de s’alimenter sur des éléphants, ou d’autres bêtes qui auraient plus de mal, au vu de leurs possibilités de mouvement, de s’en défaire.
Dans les reportages animaliers, j’entends souvent « 90% d’échec » sur les attaques de prédateurs. J’ai du mal à imaginer autant d’échec pour des striges choisissant des proies faciles (grands animaux, mais aussi enfants).
Mais quel est son environnement d’origine au juste ?
Aucune espèce n’est naturellement invasive
Les striges ont des caractéristiques qui laissent imaginer un haut succès sur des cibles faciles. Aucun prédateur dans le monde sauvage n’attaque délibérément des cibles difficiles s’il a un repas moins fatigant à proximité. Il n’y a donc aucune raison pour que la strige s’en prenne aux aventuriers (repas le plus dangereux à 50km à la ronde) s’il elle peut manger autre chose – au risque de faire rapidement un carnage.

| Description | Diaemus youngi English: White-winged vampire bat (Diaemus youngi) |
| Date | 15 décembre 2006 (date de téléversement originale) |
| Source | Transféré de en.wikipedia à Commons. |
| Auteur | Original téléversé par Gcarter2 sur Wikipédia anglais. |
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Se représenter un écosystème où la place de la strige est équilibrée
Dans ces conditions, on pourrait s’interroger sur sa place dans l’écosystème. Un prédateur qui dévore sans difficulté sa proie a de bonnes chances de devenir une espèce invasive. Dans son environnement naturel, la strige est donc censée avoir :
- Des prédateurs (ou autres facteurs limitant son expansion comme un cycle reproductif très lent) ;
- Des proies qui peuvent la mettre en échec.
Au passage, avec une Classe d’armure de 14 (en armure naturelle !), la strige se défend plutôt bien pour une créature qu’on imagine attaquer en groupe. Cela suggère qu’elle est issue d’un écosystème hautement compétitif et éminemment dangereux, dans lequel les humains (et les autres bêtes terrestres) n’ont pas leur place.

La problématique d’une alimentation hautement spécialisée
J’imaginerais bien la strige dans une sorte de forêt équatoriale alien… mais cela pose un nouveau souci : son alimentation est visiblement très orientée sur le sang (hémoglobine, mammifères…), et sans doute exclusive. À l’instar de la célèbre chauve-souris vampire d’Amérique latine, la strige dépend alors d’un aliment issu d’espèces avec laquelle elle a co-évolué. Cela ne s’improvise pas – ni de digérer du sang, ni de d’être un spécialiste qui ne se nourrit que d’un seul aliment (comme le koala avec l’eucalyptus ou le panda avec le bambou). Cela crée une dépendance forte.
Le problème est ici à mon sens que la strige est trop puissante pour des bêtes ordinaires qui seraient décimées (imaginez-la dans une steppe avec des chevaux ou des antilopes – au regard de leurs caractéristiques en 5e édition). Alors… où diable pourrait-elle avoir évolué ?
La strige de l’île des dinosaures perdus ?
Je suis tentée de dégainer la carte des dinosaures. Bien sûr, « quelques » millions d’années nous séparent de notre plus proche ancêtre commun, mais la strige est peut-être relativement généraliste sur le type de sang qu’elle accepte ? Si on l’imagine au milieu d’un « Jurassic Parc » façon 5e édition, avec des tyrannosaures chassant en famille (oui, c’est l’hypothèse privilégiée dans mes lectures – c’est adorable, hein ?), alors la strige a de bonnes chances d’être écrabouillée régulièrement. Si en plus son mode de reproduction est compliqué, ou qu’elle a des prédateurs qui régulent sa population, elle n’a aucune raison d’être ravageuse ni en surnombre.

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