Exploration du réseau Wattpad et premières observations

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De manière générale, je m’efforce de me mettre plus à la page de l’actualité des littératures de l’imaginaire. Quels sont les réseaux ? Les modes de diffusions ? Les sous-cultures ? Leur fonctionnement? Peut-on dresser des typologies des attentes et des recherches dans l’immense domaine de l’imaginaire ?

Ces questions s’inscrivent bien sûr dans une réflexion à propos de mon propre travail sur In-Existence. Puis-je me rattacher à un courant ? Où sont les personnes qui écrivent des histoires similaires ? Qui les lisent ? Quelles sont leurs attentes et leurs critères de qualité ?

Sur le papier, un réseau social mettant en relation des aspirants auteurs et des lecteurs, ce devrait être le paradis. C’est globalement la proposition de Wattpad. Qu’en est-il en pratique ? Qui sont les utilisatrices ? Qu’y trouve t-on ? Quels enseignements en retirer ?

  1. 📝Journal d’écriture
    1. ■ Harmoniser les contenus sur plusieurs millions de signes
    2. ■ Quel embarras ces personnages qui pensent au lieu de foncer dans le mur !
    3. ■ La question du rythme en huis clos psychologique
    4. ■ Au défi d’un surnaturel rationnel
  2. 🔷Une expérience
    1. ■ … motivée par une actualité littéraire
    2. ■… et par des questions sur les publics
  3. 🔷Premiers enseignements et réflexions
    1. ■ Visite générale
      1. Le chaos des genres littéraires apparents, et les genres implicites
      2. Le choix sensible des étiquettes associées au récit
        1. 🔍 Distinguer étiquette répandue et succès de lecture
        2. ➰Et les croisements d’étiquettes !
        3. 📍 Note pour comprendre les « vues »
      3. De l’importance fondamentale des couvertures ?
        1. 🔍 Mais des contre-exemples sur les couvertures
    2. ■ Une installation dans la fosse du Tartare…
    3. ■…et un essai pour établir le contact avec les autres (damnées ?)
  4. En conclusion ?

Dans des thématiques proches…

In-Existence

In-Existence est un cycle composé de trois séries autonomes. L’ensemble emprunte aux genres des histoires de gangsters, de l’urban fantasy et de la low science-fiction. Chaque série explore un aspect d’une même crise, complexe et multifactorielle.

📝Journal d’écriture

■ Harmoniser les contenus sur plusieurs millions de signes

Depuis environ deux semaines, je repasse sur des chapitres dont il existait une V1 datant de 2023. Les objectifs :

  • Vérifier que les contenus sont toujours cohérents avec l’ensemble dans son état actuel.
  • S’assurer que la taille et l’ordre des chapitres maintiennent le rythme d’ensemble.

■ Quel embarras ces personnages qui pensent au lieu de foncer dans le mur !

C’est précisément ce deuxième aspect qui est le plus complexe sur « A3 » (La toile de la malédiction, en JOUR 6). Le problème ? Les personnages se posent pour réfléchir ! Or donc, réfléchir et hésiter, ça se traduit en pratique par des gens qui parlent, plutôt assis, et pas toujours avec des fulgurance.

Le souci n’existerait bien sûr pas si j’avais opté pour des solutions simples, comme « il faut retrouver l’artefact XYZ pour briser la malédiction« , ou des effets concrets (maladie sur un personnage victime émouvante, plutôt qu’influence mentale insidieuse sur les protagonistes au cœur de l’action). Pouf ! Les personnages courent. Paf ! Ils tombent dans une embuscade. Pan pan ! On se tire partout dessus !

■ La question du rythme en huis clos psychologique

Quand j’y réfléchis, j’ai un faible pour l’élégance des huis-clos, comme Douze hommes en colère (1957) (lien Wikipédia), ou la situation de départ de Cartes sur table d’Agatha Christie (1936) (lien Wikipédia). J’avais été également profondément impressionnée en voyant Soudain l’été dernier (1959) (lien Wikipédia) qui n’est pas précisément un pur huis-clos, mais qui parvient aussi à distiller le doute et le mystère dans le non-dit, le témoignage et sans grand effet de manche.

Côté rythme, ça amène à des questionnements sur « où scinder les chapitres ? », « comment avoir au moins un temps fort marquant par chapitre en dépit de ces analyses ? », « comment rendre une dialogue réflexif animé et vivant ? », « quels chapitres sur d’autres personnages insérer entre deux passages de la réunion pour varier ? »…

■ Au défi d’un surnaturel rationnel

Je voulais aborder le surnaturel de manière rationnelle : il peut être testé, comparé, évalué, contourné… Avec suffisamment d’éléments en main, même un « non lanceur de sort » peut participer au débat, tout comme se protéger. Mon point de départ visait à explorer des phénomènes classiques du fantastiques (visions, murmures, ombres mouvantes, etc.) avec la même minutie que toutes les autres problématiques qui me conduit à « en fait les personnages sont rassemblés pendant trois heures à se prendre la tête ». Du point de vue de l’intrigue, c’est cohérent. Cela m’a obligée à passer en revue mes phénomènes surnaturels et m’assurer qu’ils tenaient le choc. Je n’ai pas encore tout résolu, mais je suis satisfaite de l’orientation du fonctionnement de cette fameuse malédiction. La contrainte de la rendre accessible à la raison m’a permis de lui donner une forme que j’aurais eu du mal à concevoir autrement.

🔷Une expérience

■ … motivée par une actualité littéraire

Je m’intéresse à Wattpad parce qu’il fait écho à différentes actualités du monde littéraire, en particulier du côté des genres de l’imaginaire (science-fiction, fantasy, fantastique).

  • 13 janvier 2025, Les moutons électriques annoncent la fin de leur maison d’édition (lien vers leur blog). Le changement du marché est mis en avant : « un changement radical du marché. Les retours enflèrent peu à peu, révélant que nos parutions de 2023 ne s’étaient pas vendues. Ces retours effacèrent nos chiffres d’affaires mois après mois, tandis que l’on réalisait que la fantasy adulte refluait devant la mode de la « romantasy »« .
  • Courant janvier 2025, des discussions informelles. Deux lecteurs, amateurs de littératures de l’imaginaire, commentaient l’annonce des moutons électrique et partageaient leur expérience récente de passage en librairie. Ils estimaient que toutes les tables étaient désormais occupées par la romantasy, et que les livres de « SFFF classiques » étaient remisés au fond, dans un coin, sans nouvelles sorties, uniquement des rééditions.
  • 20 juillet 2024, un « Courrier story » intitulé « Je veux que ce soit le plus cochon possible » : ces librairies vendeuses d’amour » (accessible sans abonnement). Il évoque le succès de librairies spécialisées uniquement dans la romance, dans son spectre le plus large possible.
  • 19 janvier 2025, un article de Courrier international (abonné) intitulé « Pourquoi les hommes ne lisent-ils pas de fiction ?« . Je résume ce que j’en retiens par (1) les adultes lisent globalement peu ; (2) la fiction est dévaluée par les influenceurs masculinistes qui estiment qu’il faut au contraire vivre la vraie vie intensément ; (3) « 60 % des femmes lisent régulièrement, contre 50 % des hommes – la proportion de lectrices augmentant avec l’âge. Concernant la lecture d’œuvres de fictions, les pourcentages sont équivalents, […] en 2017 63 % de l’achat de ce genre de littérature était le fait de femmes [en Grande Bretagne].« 

Je vois que d’autres données figuraient dans un grand encadré d’un article précédent. Je vous mets le lien, et j’en profite pour ajouter deux nouvelles étiquettes qui aideront à naviguer dans la durée sur ces sujets. Si je trouve du neuf, il sera plus facile de le confronter aux premières recherches.

Pour plus de liens dans la presse sur les phénomènes littéraires autour de Wattpad et de la dark romance :

Du mariage avec un dragon à Twilight

Les rôlistes sont familiers des héros sauroctones (tueurs de dragons) pour sauver des princesses. Dans beaucoup de versions anciennes, la demoiselle voulait se marier avec le dragon…

■… et par des questions sur les publics

Dans mon parcours (échantillon très limité), mes interlocuteurs en jeu de rôle étaient à 80-90% des hommes (et je me demande parfois si ce n’était pas davantage). J’ai régulièrement entendu des questionnements sur le public rôliste féminin : qui était-il, où était-il, quelles étaient ses aspirations et les canaux par lesquels il s’informe ? Au rayon des interrogations de coulisses, j’ai également aussi beaucoup entendu parler de questions autour du renouvellement des rôlistes, de l’ouverture du loisir, le faire connaitre…

Or, sur la plateforme Wattpad, en me promenant, j’ai l’impression de voir un public en proportion exactement inverse du jeu de rôle, c’est à dire féminin à 80-90% (plus ?). Les écrits incluent souvent du surnaturel, ce qui a priori signale qu’il y a bien des points de contacts au niveau des cultures de l’imaginaire.

Pourquoi de telles différences dans les publics ? Que signifient-elles ? Peuvent-elles être dépassées et donner lieu à des points de convergence ?

🔷Premiers enseignements et réflexions

■ Visite générale

Le chaos des genres littéraires apparents, et les genres implicites

En résumé : en première approche, sur la plateforme, j’ai cru à l’existence de plusieurs genres, bien rangés, avec des critères de tri, mais en regardant de plus près, ceux qui sont affichés sont des coquilles vides. S’il fallait définir des genres de manière empirique, au vu des usages, je serais tentée de mentionner pour le moment :

  • chick-lit : une héroïne découvre l’amour dans un cadre contemporain réaliste avec une approche légère, teintée d’humour.
  • romance surnaturelle en cadre contemporain ou anticipation proche : une héroïne découvre la société des Loups-garous, des vampires, etc. et trouve l’Amour.
  • dark romance : une héroïne est soumise à une relation d’emprise dont ressort une relation amoureuse. Je suis tentée de dire que c’est un schéma de type « la belle et la bête« , avec tantôt un cadre non magique, tantôt surnaturel, avec une composante érotique plus ou moins marquée. Même quand la magie est absente, il me semble difficile de parler de cadre « réaliste », car il l’est autant qu’un « Mission impossible » ou un « James Bond ».
  • romance dans le monde souterrain des banlieues : vue la quantité de publications partageant ces caractéristiques, je pense que ça constitue un sous-genre autonome. Il se caractérise à première vue par l’absence de surnaturel, et la mise en avant de la violence des gangs, de la prostitution et de relations compliquées avec une figure masculine romantisée. En feuilletant les accroches, je vois l’expression « thug love » pour désigner ces écrits, mais je ne sais pas encore si c’est une terminologie usuelle et consensuelle.
  • romantasy : si j’en crois Wikipédia, c’est un croisement entre l’aventure en cadre de fantasy avec la mise en avant d’une romance.
Les observations et tests qui m’ont amenée au contenu du résumé

Une des premières choses qui m’avait frappée en visitant la plateforme est la liste des genres (lien vers la vue d’ensemble) : « Vampire » et « Loup-garou » sont ainsi des genres, tout comme « Spirituel » (histoires avec une composante religieuse importante). Les autres genres, comme « Fanfiction », « Roman historique », « Science-fiction » me paraissaient plus naturels.

Quand ensuite on regarde dans les « catégories » proposées pour qualifier un texte qu’on présente, la liste des genres n’est déjà plus tout à fait la même ! Ainsi, sur la page de navigation générale, « Mystère » est un genre et « Thriller » un autre, dans les profondeurs des entrailles de la publication, on a « Mystère/Thriller », donc une fusion des deux. Par ailleurs « Nouvelle » existe dans les réglages de publication, mais pas sur l’affichage de la page de recherche.

J’en déduis que le réseau a évolué, mais n’a pas harmonisé partout ses genres. Je me demandais dès lors qu’elles étaient les limites des différentes catégories accessibles en lecture (page recherche donc). J’ai essayé de comprendre de manière empirique, en regardant ce qui était publié. Ces ouvrages témoignent de la manière dont les autrices (très majoritaires) ont estimé utile de se placer. Eh bien, ce n’est pas évident ! Et le survol mène à de nouvelles interrogations :

  • « Fanfiction« , c’est plutôt facile, on se place massivement dans des univers préexistant. On croise Harry Potter et Naruto, en revanche, je suis incapable de d’associer une œuvre à beaucoup d’accroches que j’ai fait défiler. Je manque peut-être des références.
  • « Fiction générale« , rassemble très majoritairement des intrigues dans le monde réel, durant notre période, avec pour cadre des banlieues ou le monde arabo-musulman (avec des princes de la péninsule du golfe arabe par exemple). Les étiquettes (« mot-clé ») mis en avant sont : « amour », « amitié », « famille », « trahison », « cité », « mariage », « haine », « thug », « jalousie », « renoi », « rebeu ». Pour le coup, ils semblent effectivement représentatif des titres les plus lus. En revanche, quand je regarde le filtre des nouveautés, le tableau est moins clair, plus hétérogène, avec des pitchs de science fiction, ou des histoires de vies plus diversifiées que les blockbusters.
  • « Loup-garou » parait un genre simple, centré sur… on a compris, des loups-garous. Les thèmes associés sont : « amour », « surnaturel », « loup », « meute », « alpha », « amitié » « ame-soeur », ainsi que « vampire » et des termes renvoyant à des personnages de séries, car la fanfiction est bien présente.

Pour ajouter encore à la confusion, je vois certains ouvrages mis en tête de gondole dans plusieurs catégorie. Ainsi « Sar Ka Ha » de LaConteuseDesEnfers est apparue en « Aventure » et en « Horreur », ainsi qu’en « Action ».

Le choix sensible des étiquettes associées au récit

Le classement semble dépendre principalement :

  • (1) des étiquettes (chaque genre est associé à un nuage d’étiquettes)
  • (2) du nombre de lectrices (ou d’étoiles d’appréciation, je n’arrive pas à distinguer le facteur le plus déterminant entre les deux)

Il y a deux catégories de filtre faciles d’emploi : les plus populaires (donc massivement lus et avec beaucoup d’étoiles d’appréciation sur les chapitres) et les nouveaux (ce que je comprends comme un chapitre récemment mis à jour).

En menant une recherche par mot-clé (étiquette) on voit le nombre de récits associés. Voici un aperçu d’une recherche à la volée et classée par ordre décroissant :

  • « Amour » : 459K
  • « Ange » : 248K
  • « Amitié » : 128K
  • « Aventure » : 126K
  • « Famille » : 115K
  • « Romance » : 106K
  • « Mystère » : 69,8K
  • « Trahison » : 58.2K
  • « Démon » : 45.9K
  • « Magie » : 42.1K
  • « Vengeance » : 39.2K
  • « Gang » : 35.2K
  • « Thriller » : 29.8K
  • « Vampire » : 22.8K
  • « Surnaturel » : 17K
  • « Enquête » : 14.3K
  • « Mafia » : 11.4K
  • « Thug » : 10.3K
  • « Loup-garou »: 8.6K
  • « Dark romance » : 7.9K
  • « Romantasy » : 6.3K

Il faudrait un dépouillement plus étendu, et regrouper par thème : « romance » et « amour » ont forcément un champ commun, tout comme le champ lexical de la criminalité pourrait être rapproché. Je suis stupéfaite que les « anges » soient si hauts dans les étiquettes.

Ah ! Je vois en fait qu’il y a deux modes de recherche. Les étiquettes formelles sont indiquées par une dièse (#) mais on peut chercher plus largement. Ainsi, « Amour » est à 459K, mais #Amour à 330K « seulement ». La dièse signale une intention de l’autrice de mettre le thème en avant pour décrire son travail, tandis que le mode recherche général s’attache possiblement aussi au petit texte d’accroche.

🔍 Distinguer étiquette répandue et succès de lecture

Certains mots-clés comme « Aventure » sont répandus, mais sur les 10 premiers mis en avant, on a beaucoup de vues correctes, mais pas énormes (un pic à 100K). Le contraste est frappant si on compare avec les 10 premiers mis en avant pour l’étiquette « Amour » où les vues se comptent en centaines de milliers, voire millions. Ce n’est pas proportionnel.

Conclusion temporaire : certaines étiquettes correspondent mieux aux attentes du lectorat, et « amour » en fait partie. Il faut distinguer le choix des autrices (accoler une étiquette) de celui des lectrices (lire un ouvrage portant l’étiquette).

➰Et les croisements d’étiquettes !

Je m’interroge aussi sur la limite de l’empreinte du surnaturel. Très marqué dans tout un pan des écrits, mais totalement absent ailleurs, avec des combinaisons d’étiquettes qui semblent vraiment hermétiques.

C’est le croisement le plus flagrant, mais les autres tests ne donnent pas beaucoup de voisins de contenu (8, 11… sur beaucoup). Dès qu’on part sur trois critères, c’est encore plus facile d’être unique :

  • « Malédiction » : 1.5K
  • « Enfer » : 2.1K
  • « Mafia » : 8.8K
  • « Mafia + Malédiction : 8. On ajoute « Enfer », on tombe à 1.
📍 Note pour comprendre les « vues »

De ce que je comprends, dès qu’une personne lit entièrement un chapitre, ça compte une « vue ». Donc si un livre a 100 chapitres, mais 10 lectrices seulement, on arrive de suite à 1K vues. A l’inverse, un ouvrage court de 10 chapitres parviendra à 1K vues en ayant 100 lectrices.

Pas mal de publications de tête de gondole ont un format presque « feuilleton« , avec un très grand nombre de chapitres (50 à 90) et plutôt courts.

En somme l’organisation de la plateforme incite à un format d’écriture plutôt nerveux, qui oriente possiblement aussi les contenus possibles. De là, il y a peut-être déjà un questionnement : la plateforme n’est pas forcément adaptée pour du « roman » dans une appréciation classique (construction de l’histoire, etc.). Ce qui m’amène à m’interroger : quelle organisation serait mieux adaptée ?

De l’importance fondamentale des couvertures ?

Hormis les catégories du purgatoire des mal-aimés, les plus lus bénéficient majoritairement de couvertures comparables à celles qu’on voit en boutique. A ce stade, deux hypothèses :

  • (a) seuls les livres avec de belles couvertures sont massivement lus, et la couverture favorise donc de manière décisive le succès
  • (b) les autrices de volumes progressivement lus ont fait des efforts suite à des retours, ou par envie de soigner davantage leur création pour laquelle elles recevaient des retours positifs

Pour trancher, il faudrait suivre le parcours de différents ouvrages, et voir si les changements de couverture sont fréquents, mais aussi de regarder les nouveautés avec couverture « attractive » et voir si elles ont un parcours qui peut être distingué d’un texte comparable avec une couverture plus neutre ou approximative.

🔍 Mais des contre-exemples sur les couvertures

En feuilletant, je note que le souci de la couverture est un sujet pour certains genres, et moins pour d’autres. Les « thug love » notamment ne me paraissent pas se distinguer particulièrement dans ce domaine, sans que ce soit un frein au succès (évalué en nombre de lectures et tête de gondole).

Les couvertures léchées se concentrent plutôt sur la chick-lit, la dark romance, la romantasy… et ces ouvrages reprennent les codes des livres publiés en librairie.

Le contraste, pour le moment, me parait assez fort pour m’interroger sur cette différence. Si elle existe bien, que signifie-t-elle ? Y’a-t-il des communautés d’usagères qui partagent l’espace de Wattpad sans vraiment se croiser ? N’ont-elle que le mot-clé « amour » en commun ?

■ Une installation dans la fosse du Tartare…

Tout le monde débute en bas, dans le néant de l’anonymat, tandis que quelques autrices à succès domine l’empyrée, loin dans les sommets, auréolée de succès, de contrats d’édition et de milliers de fans abonnées à leur page. C’est là que je suis présentement, au fin fond du Tartare, la partie la plus sombre et désolée des Enfers (version grecque). Silence et pesantes ténèbres.

Constatant mon absence de talent inné en communication et bricolage de couverture, j’ai établi un plan. Si les lectrices ne viennent pas à moi, eh bien, je trouverais à comprendre ce réseau en interagissant avec les autres autrices, avec la casquette de relectrice appliquée.

■…et un essai pour établir le contact avec les autres (damnées ?)

Les autres utilisatrices ne se définissent sans doute pas comme « damnées des profondeurs de la fosse du Tartare » (et heureusement !) Ma perception est certainement influencée par le contenu de mes écrits et mes détours réguliers dans la création de domaines infernaux. Mine de rien, ça prend beaucoup de temps de concevoir ce type d’environnement !

Plus sérieusement, j’ai cherché :

  • Des histoires en cours d’écriture (pour que l’autrice voit ses notifications et avoir une chance d’avoir des réponses)
  • Des histoires à trois « niveaux » de fréquentation : faible (en gros un peu au-dessus de moi), moyen, élevé.

J’ai juste démarré et j’essaie de comprendre les codes de communication de cet environnement. Au bout deux deux bonnes semaines, le premier bilan. A chaque fois, avant de poser mes gros sabots de relectrice, je demande à l’autrice ce qu’elle attend comme retour, ce qu’elle attend des relecteurs. Quand la réponse n’est pas claire (en gros, à chaque fois), je fais des retours sur le premier texte disponible (chapitre 1 ou prologue) et demande si ça correspond à ses attentes ou pas.

  • Un bon contact avec une autrice, au point que ça me fait pour l’instant plaisir de suivre son histoire, même si à première vue, je n’en aurais pas fait une lecture loisir.
  • Un contact établi avec quatre autres autrices, plus mitigé.
    • Une ne veut pas de retours qui ressembleraient à un « travail éditorial » (son expression). Son usage de la plateforme est « pour le plaisir ». Elle a déjà édité des romances et élargit son panel avec de la romantasy, et le roman présenté est à visée de publication. Quand je vois mon avidité à prendre chaque retour pour reprendre mes textes (et pas seulement pour du roman, c’est une habitude qui me vient du travail en jeu de rôle), je suis plutôt étonnée. Sa position est l’exact opposée de la mienne. J’en suis réduite aux spéculations pour expliquer une telle différence de visions.
    • Deux réponses brouillonnes (je ne suis pas vraiment sûre de ce que je dois en comprendre).
    • Et un échange suspendu pour le moment.

En conclusion ?

Pour l’heure, ce sont les croisements d’étiquettes qui me fascinent le plus, dans ce qu’ils disent des contenus, et donc des tendances des écrits. Je me demande si on peut reconstituer les genres écrits au travers des champs croisés, et ce qu’on peut percevoir des schémas types.

Ce questionnement méthodologique me vient peut-être de mes lectures des travaux de Julien d’Huy en phylomythologie et mythologie comparée : identifier les motifs les plus élémentaires (mythèmes) pour retracer leur évolution. Cependant, les étiquettes m’en disent moins qu’un mythème, et ceux-ci apparaitraient peut-être tout au plus en creux dans des combinaisons usuelles d’étiquettes.

A suivre ! ✨

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