Bienvenue sur le septième volet du dépouillement du sondage sur les usages et les attentes des rôlistes !
Aujourd’hui : on boucle sur les questions relatives aux inspirations et pratiques créatives complémentaires. C’est court, mais c’est nettement distinct des sujets de consommation et d’achat, alors ça me parait mieux de scinder.
Pour plus d’informations, vous pouvez aussi consulter les précédents articles.
👥 Autour de ce sondage
Sommaire
- 🔷Nourrir l’imaginaire
- 🔷 Comment exprimez vous votre intérêt pour l’imaginaire ?
- 🔷 Remarques supplémentaires des répondants
- 🐭 En conclusion ?
📍 Les analyses d’œuvres incluent toujours des éléments sur leur contenu. Si vous craignez d’être divulgâché, vous pouvez utiliser les titres des paragraphes pour vous faire une idée de leur thème.

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🔷 Complément sur l’adhésion aux genres fictionnels
Suite à mon article de la semaine passée sur les tendances d’adhésion à des genres (fictionnels) en Jeu de rôle en fonction du genre (social) et de l’ancienneté de la pratique, j’ai échangé avec quelques contacts. J’ai trouvé les retours intéressants en ce qu’ils donnent un petit éclairage supplémentaire au sondage. Ils me confortent dans l’idée qu’une étude qualitative (discussions approfondies) est importante pour compléter les données qui se dégagent. Mon échantillon d’interlocuteurs n’est qu’un exemple.
- Formellement contre la cosy fantasy : un homme, rôliste appréciant les combats épiques et le space opera. Ses raisons de rejet du genre en question :
- C’est l’image même de l’ennui mortel ; c’est gnangnan rose bonbon tout gentil.
- Les aventures centrées sur le quotidien et les enjeux très personnels, très resserrés et intimistes lui paraissent sans intérêt.
- Il recherche plutôt des aventures en grand dans lesquelles les personnages se dépassent au nom d’une cause majeure.
- Usagères de cosy fantasy : deux femmes, dont une rôliste (l’autre connait le loisir, mais s’exprime via l’écriture de roman et la lecture). Elles ne militent pas farouchement, mais défendent l’intérêt du genre.
- La cosy fantasy permet de jouer des tranches de vie, une approche qui a une saveur particulière et intéressante.
- La cosy fantasy a quelque chose à dire, et s’intéresse à des personnages qui n’ont pas les moyens de changer le monde, mais dont le parcours reste intéressant, avec des défis et des épreuves, des angles d’approche différents.
- Le genre utilise un éclairage doux, mais souvent pour aborder des problématiques difficiles (voir le manga Frieren, sur Wikipédia) avec une saveur mélancolique et une résolution souvent douce-amère.
- Des sympathisants en manque de temps de jeu : trois hommes, rôlistes, alternant entre des genres de jeu variés, depuis l’épique jusqu’au décalé.
- Signalent leur intérêt pour jouer spécifiquement des scénarios ou utiliser des accents cosy dans d’autres campagnes.
- Se plaignent surtout du manque de temps pour jouer !
Deux de ces sympathisants ont attiré mon attention sur le succès d’une campagne de souscription précisément consacrée à un jeu de cosy fantasy : plus de 549 000 euros collectés et plus de 4700 souscripteurs. A noter que c’est un projet : date de livraison prévue pour février 2027 et la page indique « Pumpkin Spice will be developed [by Acheron Games] both in English and Italian ». Pour l’heure,vous pouvez consulter le Quickstart et les illustrations de Simz.
🔷Relation à l’imaginaire en général
■Nourrir l’imaginaire
On ouvre le dépouillement du jour avec une question (« Qu’est-ce qui nourrit votre imaginaire ? » aux réponses presque identiques côté hommes et femmes.
- Films et séries (plus de 93%)
- Romans et nouvelles (plus de 88%)
- Bandes dessinées, mangas, romans graphiques… (plus de 77%)
- Jeux vidéos (plus de 72%)
- Podcasts, vidéos (type YouTube etc. ; plus de 58%)
- Anime (plus de 55%)
- Vulgarisation scientifique sur support écrit (plus de 43%)
- Tableaux, arts (plus de 40%)
Les écarts sont réduits, la hiérarchie est la même des deux côtés. En gros… les rôlistes ont les mêmes loisirs et modes d’immersion dans l’imaginaire !
■ Comment exprimez vous votre intérêt pour l’imaginaire ?
Ici aussi, des similitudes avec un triomphal « en jouant aux jeu de rôle » à plus de 91% pour tout le monde. Ensuite, ça diverge.
Chez les hommes (réponses à la question : 733) :
- En jouant aux jeux de rôle (707 : plus de 95%)
- En écrivant des scénarios de JdR (493 : 67%)
- En écrivant des nouvelles et des romans (165 : 22%)
- En dessinant ou en réalisant des photo (132 : 18%)
- Par la peinture de figurines (161 : 21%)
- En organisant des murders party ou des grandeurs nature (79 : 10%)
- Par des créations artisanales, hors peinture de figurine (63 : 8%)
- En créant des podcasts ou vidéo (59 : 8%)
Chez les femmes (réponses à la question : 261)
- En jouant aux jeux de rôle (240 : 91%)
- En dessinant ou en réalisant des photos (112 : 42%)
- En écrivant des scénarios de JdR (110 : 42%)
- En écrivant des nouvelles et des romans (85 : 32%)
- Par des créations artisanale (hors peinture de figurine ; 79 : 30%)
- En créant des murders party ou grandeurs nature (44 : 17%)
- Par la peinture de figurines (29 : 11%)
- En créant un podcast ou des vidéos (17 : 2%)
Si l’écriture de scénario se dégage davantage côté hommes, les pratiques créatives de la liste sont plus fréquentes chez les femmes : deux fois plus d’écriture de fiction et d’illustration ; trois fois plus d’artisanat. Du côté des hommes, la peinture de figurine est plus répandue que chez les femmes, de même les podcasts et vidéos.
On a également des réponses spécifiques, ajoutées par les répondants, et qui laisse entrevoir des parcours créatifs individuels : création d’escape game, écriture de scénario de film, création d’affiche, création de musique, théâtre. Beaucoup signalent aussi consacrer du temps de réflexion et d’imagination.
🔷 Remarques supplémentaires des répondants
■Sur les inspirations
Parmi les sources d’inspiration :
- Le réel dépasse la fiction. La vie quotidienne apporte des inspirations (pour les PNJ notamment).
- L’analyse de la société, les faits de sociétés, les actualités
- Les conventions sont importantes : les Utopiales par exemple. Les discussions entre MJ sont précieuses.
- Folklore, mythologie, légendes
- Des vidéo YouTube
Certains cherchent à faire passer des messages et des ressentis très personnels dans leurs créations ludiques.
Quelqu’un témoigne ainsi de l’envie de faire passer un message d’inclusivité, au travers des PNJ, par l’intermédiaire de JdR comme « Les chants de Loss ».
« J’essaie de transmettre des choses à travers mes scénarios […] faire ressentir un truc, interroger une pratique, faire vibrer certaines émotions »
« Le quotidien peut être inspirant si l’on peut voir la féerie qui se cache derrière. »
« En tant que catho tendance mystique, la prière, la Bible et Dieu font partie intégrante de mes inspirations. »
« Je dire beaucoup de mes rêves ; tous mes romans partent de rêves que j’ai fait. »
« Il y a des fées dans mon jardin et je suis sorcières. »
Compléments sur les repoussoirs
Les repoussoirs dépendent aussi du nombre de séance de jeu : sur une seule partie ou en campagne. Cela vaut par exemple pour les jeux décalés (OK sur une séance, mais pas sur une campagne).
Les repoussoirs dépendent du contexte : en particulier avec qui on joue, et comment les thèmes sont abordés.
Je veux juste parler d’une expérience avec pendragon. J’étais dans un kot à l’unif et c’était le kot de jeu de rôle à louvain-la-neuve le kot de maille et on a fait une campagne de pendragon. j’ai joué une fille et on m’avait pas prévenu mais c’était abominable parce qu’en fait je jouais une fille et ce n’est pas jouer, c’était juste assister aux combats des garçons et ne rien faire à part sourire et attacher son mouchoir à la lance du chevalier. donc il y a des jeux où le déséquilibre est très marqué.
Complément sur les genres de JdR
Pas mal d’indications sur tout ce qu’il manquait du côté des genres :
- Il manque la hard science.
- Et plein de genres de science fiction : hopepunk, solarpunk, softpunk.
- Il manque des jeux dans le monde réel contemporain, sans surnaturel : polars, intrigues entre personnages…
- Il manque : contemporain occulte, contemporain réaliste, super-héroïque, ambiance adolescente (Monsterhearts), espionnage-thriller, Tales of the loop& stranger things
« J’apprécie particulièrement les jeux contemporains qui montrent les aspects tangibles et tragiques de la réalité de la vie. »
Quelqu’un signale préférer les JdR basés sur une œuvre préexistante, car il a l’impression que le cadre gagne en profondeur.
🐭 [Ayant travaillé en pure création et en adaptation, je pense que ce n’est pas si évident. Une création en roman et en JdR ne s’attachent pas directement aux mêmes problématiques. On a beaucoup d’éléments de contexte à préciser quand on adapte un roman par exemple. La différence la plus importante me parait plutôt être du côté du sens et de l’émotion : une œuvre fictionnelle évocatrice est forte dans ces dimensions. Cela n’empêche pas de travailler un JdR de cette manière, mais c’est moins systématique, il faut le conscientiser et agir délibérément en ce sens. Comme c’est quelque chose qui me tient à cœur, je souhaitais répondre ici 😊]
« J’aime les jeux où il y a des inégalités (sexe, espèces, classe de personnage, etc.), car ce sont des moteurs de scénarios, de scènes, ou d’identification rapide de ce qu’il faut combattre pour les joueurs. »
Il y a trop de fantasy en JdR ! Trop de fantasy tue la fantasy !
L’esthétique du jeu est fondamentale.
« J’adore la préhistoire avant tout. Pas pour son côté gritty à la Conan, mais plutôt pour le potentiel de dépaysement et de remise en question de normes culturelles que ça impose. »
Je veux m’amuser dans un univers lambda que ce soit antiquité, médiéval, contemporains, futuriste ou fantastique, je m’en fiche mais que ce soit léger avec une ambiance travaillé, des imprévus dans la simplicité. Alexandre Astier, grand fan du JDR, disait qu’il ne s’intéresse pas au groupe de joueur parfait s’opposant au MJ et à la difficulté de son monde. Il adore des mondes simples, des quetes sans grandeurs mais dont la difficulté réside dans le groupe meme et que l’on doit faire avec. L’une de mes meilleures expérience, c’était une quête pour retrouver un plante pour lutter contre la dysenterie d’un village à l’époque Antique. Une quête simple sans rebondissement mais avec notre paladin en quête de rédemption après avoir pissé sur la statue de Tyché (déesse de la chance et du hasard), le MJ avait bidouillé un petit programme qui générait des alarmes a durées aléatoires comprise entre 0 et 45 minutes. A chaque sonnerie, le programme générait une poisse au Paladin de la part de Tyché. Meilleur partie EVER !
Je tiens à le préciser puisque j’imagine que vu mes réponses, le jdr doit sembler horriblement dark et lourd. Je suis juste plutôt d’avis que l’humour et le fun viendront d’eux-même en dépit ou dans le cadre d’un setting réaliste (et donc souvent sombre et complexe). Je run pas mal de jdrs avec gros aspect historique (Lames du Cardinal par exemple), et j’aime beaucoup y infuser des thèmes lourds, mais je suis pleinement ouverte à des groupes qui rigolent ensemble pendant la game ! Pour moi le setting n’est pas une barrière à l’humour, au contraire, elle peut le propulser d’une manière plus naturelle et intégrée à l’univers sans paraître… lourde.
🐭 En conclusion ?
On est presque au bout ! Plus qu’un gros morceau en économie du jdr et on aura bouclé cette série ! Je ne mesurais pas du tout la masse de travail en commençant ! 😱
J’espère que vous aurez pris plaisir à ces réflexions et ces tableaux, listes, mises en perspectives ! Cette enquête est loin d’apporter toutes les réponses. L’origine des différences de goût par genre social ne me parait pas toujours claire par exemple. Je me demande aussi comment se construit le goût et les projections imaginaires, la capacité à se dire « voilà le type d’histoire que je veux vivre dans tel cadre ».
Encore merci à tous les répondants, j’espère que vous trouvez des éléments instructifs dans ces synthèses !
A suivre ! ✨
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