Les articles en physique et en mathématiques sont une source sans cesse renouvelée d’humilité pour moi. Comprendre par là que, justement, beaucoup de choses me passent au-dessus de la tête. Les bouts à ma portée (ou que je déforme pour qu’ils y soient ?) s’avèrent des sources d’inspiration précieuses. Il s’agit à la fois d’approfondir les cadres, et de trouver des situations qui sont intéressantes :
- sur le plan dramatique (réflexion, choix des personnages)
- sur le plan tactique (outils, suspense, aventure)
Aujourd’hui, des éléments précieux pour les exorcistes et la lutte contre des assassins bénéficiant d’un sort d’invisibilité !
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Références :
- Jean-Michel Courty et Édouard Kierlik, « L’ombre de l’invisible » in Pour la Science n°550, août 2023, p.88-90
Sommaire
📍 Les analyses d’œuvres incluent toujours des éléments sur leur contenu. Si vous craignez d’être divulgâché, vous pouvez utiliser les titres des paragraphes pour vous faire une idée de leur thème.

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📚 Les principes
Un objet transparent voire invisible n’absorbe pas la lumière (d’où son invisibilité), mais les déviations de la lumière peuvent malgré tout être visibles. On voit alors l’ombre.
■ L’ombre d’un objet transparent
Peu importe la forme de l’objet, « à moins d’être plat comme une vitre, il dévie les rayons qu’il intercepte et forme une ombre. »
■ L’ombre de l’onde de choc
L’onde de choc (d’un claquement de fouet, par exemple) produit une ombre qui « est due à la déviation de la lumière autour de l’onde de choc qui créer de fortes variations de pression de l’air et donc de l’indice optique ».
■ Les déformations dues à la température
Les différences de température peuvent provoquer une déformation de l’image de ce qu’on voit derrière, mais sont généralement insuffisantes pour créer une ombre. Un dispositif adapté cependant permet de rendre ces fluctuation de l’air visible (effet Toepler – je n’ai trouvé ce scientifique que sur Wikipédia anglophone) :
- On supprime la lumière directe pour ne conserver que la lumière déviée par un miroir concave. Il concentre les rayons lumineux en un point
- Une lame de couteau est judicieusement placée pour bloquer ces rayons tant que le milieu est homogène (donc pas déformé par la chaleur par exemple).
- Une lentille est placée devant un écran. En cas de milieu hétérogène, la lumière parvient à l’écran. Au lieu d’être totalement noir (masqué par l’écran), il laisse apparaitre des motifs lumineux correspondant à l’hétérogénéité.
Dans ce cas, l’ombre est devenue une lumière !
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■ Digression par la hiérarchie des sorts
Le sens du prix des sorts. Dans un jeu à orientation tactique, un sort de niveau 1 (moins coûteux, plus facile d’accès) doit être plus faible qu’un sort de niveau 9. En somme, on suggère « plus c’est cher, mieux c’est« . Et, de fait, pas de raison d’utiliser un sort coûteux s’il est effectivement moins bon qu’un autre moins cher.
Les privilèges des PJ. A l’époque où je passais beaucoup de temps dans la technique du SRD 5.1, un autre constat s’imposait : certains pouvoirs étaient très rares (voire quasi absents) du répertoire des créatures ennemies, mais pas de celui des personnages-joueurs. Il y avait donc une autre hiérarchie, implicite dans le jeu : « Les PJ valent mieux que les PNJ ». Pour les joueurs, c’est peut-être une évidence (eux sont des humains bien réels), mais dans le cadre du monde fictionnel, cela renforce l’exceptionnalité des PJ. Les PNJ devraient donc en tenir compte, et cette aura hors norme être justifiée dans le cadre.
Finesse plutôt que puissance brute. J’ai plutôt un faible pour les sorts « logiques », ceux qui incitent à composer une stratégie (sur l’eau, le feu, les reflets, etc.). Dans ce cas, la puissance brute est moins importante que l’astuce et l’adaptation à une situation précise.
La philosophie des hiérarchies de sort sur FIM. Le niveau d’un sort ne dépend pas de son utilité dans l’absolu, ou de sa puissance brute. Les critères sont :
- Niveau 1 à 3 : l’effet peut paraitre naturel ; il peut se produire dans un lieu où la magie est faible à quasi inexistante
- A partir du niveau 4 : on voit sans doute possible qu’un effet surnaturel est à l’œuvre ; implique une densité supérieure à « faible », ce qui implique aussi des phénomènes « naturellement magiques ».
- A partir du niveau 7 : la magie est dense
- Critères de qualité et complexité. Les effets de sorts sont classés par famille d’effet : magie technique, chaotique, manipulation du hasard, etc. A l’intérieur de chaque catégorie, il y a une progression. Les niveau dépendent de l’aspect « naturel » (ou pas du tout, pour une invocation par exemple), de la quantité d’énergie magique qu’il faut dans l’environnement, et d’une progression de puissance (on la retrouve ici) qui est liée à la complexité et à l’ampleur de l’action entreprise. Ces principes aboutissent à l’existence d’effets dangereux et peu coûteux, et donc, dans certains cas, des inégalités objectives.
- Démonter le sort. Les effets sont décrits dans leur logique de fonctionnement, pour permettre de penser les problèmes : inconvénients intrinsèques, effets secondaires, failles à exploiter pour le défenseur.
■ L’ombre de la magie
La simple idée d’une ombre de l’invisible est évocatrice.
L’assassin loin des torches. L’invisibilité offre un atout considérable à un assassin : infiltration aisée, surprise assurée, bonus divers de dégâts. Mais s’il garde son ombre, alors l’ambiance n’est plus la même. Le danger reste redoutable, mais on peut le percevoir du coin de l’œil, voir l’ombre de la lame…
Créatures invisibles en général. Pour tout ce qui est fantôme et poltergeists, le principe d’une ombre visible incite d’autant plus à utiliser une source de lumière, et chercher des murs (ou d’autres objets susceptibles de servir d’écran). L’ombre permet de voir, mais pas de localisation précisément. On peut la projeter et s’écrier « il est sur toi ! » alors qu’il est à quelques mètres et vise une autre cible. En somme, cette perception imparfaite me parait plus intéressante que l’invisibilité complète s’il s’agit de mettre en place une situation inquiétante.
Le dispositif pour avoir une ombre lumineuse. Compte-tenu de la complexité de l’installation (miroir concave, lentille, écran…), on ne peut l’utiliser que pour une perturbation fixe. Mais cela pourrait faire l’affaire par exemple pour un portail planaire/hanté/truc qui est assoupi de jour (ou actuellement), mais qui pourrait se manifester ensuite. Ce pourrait être aussi un dispositif pour analyser des poupées maléfiques (ça ne bouge pas en permanence !) dans une optique de type « ghostbusters », « parapsychologie », « occultisme appliqué ».
En conclusion ?
On se rappellera peut-être en passant de Peter Pan qui, lui, a perdu son ombre. C’est un autre problème : ça signifie qu’il est mort. Les gens près de mourir (maudits, etc.) sont censés perdre leur ombre avant même leur décès effectif. On note en passant que concilier la physique (l’homme invisible a une ombre) et les principes du surnaturel (ici européen) demande un peu de gymnastique, mais ça me parait un bon exercice pour rafraichir le thème, tout en conservant un lien avec des racines mythologiques.
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A suivre ! ✨


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