Les agents littéraires sont des acteurs de plus en plus importants dans le monde du livre en France. J’ai essayé au cours des derniers mois de comprendre qui, quoi, comment, pourquoi.
J’ai vu une différence importante entre les usages en France et aux USA. Cela m’a paru intéressant de voir de plus près cette question, car les nombreuses vidéo de conseil en anglais tiennent toujours compte de ce contexte qui n’est pas exactement le nôtre.
Ressources et références :
- (Tous les liens en bouton direct, plus bas !)
Sommaire
- 📝Journal d’écriture
- 🔷 Les agents littéraires en France
- 🔷 Les agents en Amérique du Nord
- 🐭 En conclusion ?
📍 Les analyses d’œuvres incluent toujours des éléments sur leur contenu. Si vous craignez d’être divulgâché, vous pouvez utiliser les titres des paragraphes pour vous faire une idée de leur thème.

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📝Journal d’écriture
■ Je débarque, c’est quoi In-Existence ?
📍Présentation d’In-Existence pour ceux qui découvrent !
Une crise d’origine surnaturelle bouleverse la ville de Demigo, catalyse des conflits en germe et entraine des révélations majeures portant sur l’essence même de la réalité.
Les événements sont narrés au sein de séries autonomes, chacune s’intéressant à un aspect du problème et à sa résolution, avec un ton et une orientation de genre spécifique. C’est un peu comme si on découvrait une période charnière à Gotham City, en s’intéressant à quatre groupes : (A) le Joker et la pègre sur fond de malédiction et de guerre de gang ; (B) Bruce Wayne pris dans une quête occulte et confronté à son dégoût du monde ; (C) des adolescents pris au milieu des conflits de gangs et découvrant des secrets mystiques préhistorique de la ville ; (D) des journalistes et des « arrangeurs » cherchant pour les uns à révéler des scandales, et pour les autres à les enterrer.
- Série A – La toile de la malédiction : La Voyageuse parvient à quitter les Enfers avec l’aide d’un invocateur avide de vengeance, devenant une malédiction incarnée, mais elle refuse de tuer ses victime et cherche une solution pour se libérer.
- Série B – L’emprise de l’ogre : Richesse et pouvoir ne comblent pas le vide existentiel de Maxim Arakel Lastôr qui s’engage dans une quête pour lever le Voile sur les secrets de la réalité et de son passé. Dans le même temps, Lilyan Meirse, qui le suit loyalement depuis des années, commence à douter des méthodes employées et du chemin qu’ils empruntent.
- Série C – Le puits des âmes : Minette se passionne pour l’occultisme, tandis qu’Idra se débat au milieu des conflits de gangs ; ils auront besoin l’un de l’autre pour se tirer d’un entrelacs de crimes et de magie noire.
- Série D – Le point de rupture : Jul a décidé d’enterrer son passé de fugueuse et de déterrer des secrets embarrassants, avec un talent particulier pour flairer d’improbables sources d’informations (et de complications). Dans le même temps, Pépin Tadacs, secrétaire en arrangements, essaie laborieusement de faire carrière dans les coulisses politiques, entre un patron roublard, une collègue exaspérante (mais sexy), et la pègre (pas cool du tout).
■ On en est où ?
J’avance en parallèle sur A2 et B1, en suivant la chronologie pour m’assurer de ne rien oublier chez personne (météo, arcs dramatiques, informations connues), tout en vérifiant mes notes préparatoires pour les reprises et les chapitres inédits. Dans certains cas, il suffit d’un changement d’une phrase dans un dialogue pour qu’il y ait des répercussions importantes.
Nous sommes actuellement JOUR 2, sur le coup de 9h00. Je pense en avoir bien pour un semestre intense à passer tout en revue jusqu’au soir du JOUR 6. La bonne nouvelle : ça fera (en théorie) plusieurs bouclages d’affilée.
🔷 Les agents littéraires en France
■ De quoi parle-t-on ?
Un agent littéraire est un intermédiaire entre l’auteur et l’éditeur. Sa mission est d’accompagner l’auteur et de le défendre, notamment lors des négociations contractuelles. L’agent est rémunéré sur ce que touche l’auteur (notamment l’à valoir et les droits sur les ventes), à raison d’environ 15%. L’éditeur travaille sur un livre ; l’agent travaille avec l’auteur en tant que personne, dans une optique de relation au long cours.
Les agents littéraires sont la norme en Amérique du Nord, et leur présence est en augmentation en France. Les professionnels ont souvent une expérience de l’édition. Ils ont besoin de compétences éditoriales solides, en même temps que d’un bon réseau pour savoir à qui parler et comment défendre les livres de leurs auteurs.
Certains agents sont spécialisés dans la traduction. D’autres ont des activités plus généralistes, incluant la traduction, mais aussi : lire les manuscrits avant soumission et pousser à une finition plus aboutie (pour augmenter les chances de succès), présenter les livres. Il y a aussi dans certains cas le fait de présenter à leurs auteurs des projets de commande de livre dans leurs compétence.
Je vous livre différents liens qui m’ont servi pour me faire une idée de la situation en France.
Dans les données fin 2025, il est signalé que plus de 800 auteurs sont désormais représentés (contre 350 quatre ans plus tôt), parmi lesquels de nombreux primo-romanciers et près de 15% des auteurs de la rentrée littéraire.
■ Comment chercher une agence littéraire ?
Le Syndicat Français des Agents Artistiques et Littéraires comptait une soixantaine de membres lorsque j’ai consulté les données. Tout est sur le site du syndicat : vous pouvez accéder aux mêmes informations que moi.
En examinant les membres, j’ai ôté : les agences artistiques (cinéma, télévision, théâtre), les agences qui ne font que de la traduction, celles qui ont une activité mixte (incluant des coachings payants), et celles dont les sites n’étaient pas à jour du tout (et sans pouvoir trouver d’infos indiquant leur activité), et les agences refusant les genres de l’imaginaire (ma recherche était bien sûr motivée par mon propre projet !). J’ai compté qu’il restait environ une douzaine d’agences à examiner de plus près ou à contacter.
Les modalités de contact sont décrites sur les sites des agences, et varient beaucoup. Les extrêmes :
- Soumission de synopsis seul (on vous recontacte sous trois mois s’il a suscité l’intérêt)
- Soumission du livre seul (sans synopsis, ça m’a interpellé, car ça semble rare)
En l’état de mes investigations, je ne vois pas de différence de fond avec les maisons d’édition :
- Il y a des genres acceptés ou refusés
- Il y a des modalités d’envoi, des pièces à fournir, des formats de fichiers à respecter
- Le refus est implicite sous trois mois sans réponse
■ Est-ce une bonne idée de chercher un agent littéraire ?
Je vous invite à consulter les témoignages plus haut, en podcast. La réponse serait plutôt « non » si vous êtes concerné par l’un des cas suivants :
- Vous voulez négocier vous-même vos contrats et vous voulez 100% de l’argent que l’éditeur vous verse.
- Vous ne savez pas vraiment si vous voulez écrire plus d’un livre.
- Vous ne voulez pas vous mettre la pression avec une « carrière » d’auteur.
- Vous vous engagez vers l’autoédition (pas besoin d’intermédiaire avec soi-même !)
- Vous avez du mal à faire confiance à quelqu’un qui vous dit de revoir un aspect majeur de l’intrigue, alors même qu’il ne vous paie pas (l’agent ne paie pas, c’est l’éditeur).
Sans oublier qu’avoir un agent n’est pas une garantie d’édition ! Cela signifie seulement qu’un professionnel a confiance dans votre travail, suffisamment pour y consacrer du temps et espérer se payer sur votre succès.
Dans les entretiens avec les agents littéraires de premier plan (comme Pierre Astier ou Catherine Nabokov), il y a également une indéniable dimension d’amour du livre et des textes, une quête d’excellence en elle-même.
🔷 Les agents en Amérique du Nord
■ Un tout autre contexte
Les agents littéraires se sont développés aux États-Unis durant les années 1920-1930. Ils se sont implantés et diffusés. Leur développement en France a été plus lent que dans d’autres pays, du fait du lien fort entre éditeur et auteur ici.
Aux USA, les agents littéraires ont une place centrale. On signe avec un agent, et c’est lui qui démarche les éditeurs. Point de soumission directe de l’auteur à l’éditeur. Pour les auteurs, l’enjeu est donc (1) de trouver un agent efficace ; (2) espérer que ce dernier réussira à placer le livre.
■ La quête d’un agent en Amérique du Nord
Il est souvent recommandé dans les vidéos de conseil de soumettre son manuscrit par vague d’une dizaine à quinzaine d’agents à la fois. Cela signifie que les agents en France représentent juste l’équivalent d’une seule vague de recherche de l’autre côté de l’Atlantique. Quand je vois les bases de données listant les agents littéraires actifs en Amérique du Nord, est sur un rapport d’au moins 1 à 10 par rapport à la France. Or la différence de population n’est pas aussi importante ! C’est au-delà d’une question de proportion.
Alors, serait-ce mieux de faire comme en Amérique du Nord ? Pas forcément. Je vous renvoie à la liste des critères justifiant de ne pas faire appel à un agent littéraire. En France, l’auteur a le choix, et cela me parait mieux que l’inverse. La collaboration est une décision, pas une contrainte.
Pour en revenir à l’Amérique du Nord, les conseils et méthodes pour attirer l’attention sont nombreux (voire les « guides pour agents ») et parfois plutôt désabusés (extrait Instagram juste après).
🐭 Un article sur les « agents guide » qui sont présentés en nombre sur Bluesky
Mais qu’est-ce qu’un « guide pour agent » ?
Ma dernière trouvaille picorée est le mot-clef #agentsguide sur Bluesky. Je viens de passer un peu de temps à essayer de comprendre de quoi il est question et je vous présente l’état actuel de ma compréhension.

Si on compare avec la France, la recherche d’un agent aux USA , est vraiment un autre univers. Cette vidéo didactique ci-après présente le détail des outils existants pour trouver un agent littéraire aux USA. A noter qu’il existe des dizaines de vidéos sur « comment j’ai trouvé mon agent ».
■ Les ouvertures à soumission des agents littéraires
Une autre spécificité de l’Amérique du Nord : les agents signalent régulièrement ce qu’ils recherchent ; ils ont aussi tendance à se présenter d’une manière qui m’a paru étonnante par rapport à ce que j’ai pu voir des sites d’agents littéraires en France. Vous pouvez voir des aperçus de ces présentations dans la vidéo ci-après, et les extraits de newsletters « AgentAlert » à laquelle je m’étais abonnée (version gratuite) pour voir à quoi ça ressemblait.
Ce que j’en comprends:
- les agents se présentent comme des « lecteurs », avec leur subjectivité et leurs goûts
- … et en même temps, ça ressemble presque à une ligne éditoriale
Le fait que ça dégage une impression d’entre deux entre « édition » et « lecteurs » parait logique quand on considère la fonction d’intermédiation de cette profession.


🐭 En conclusion ?
Cela m’aura pris pas mal de temps pour collecter ces données, mais j’ai toujours l’impression d’en savoir très peu sur le sujet ! Je reste donc à l’affût d’autres informations !
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A suivre ! ✨
📕 Quelques articles autour de l’écriture


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