Qu’est-ce qui cause mes abandons de lecture ?

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Plusieurs articles trainent parmi mes brouillons, et parmi eux figure une réflexion sur des livres passés en revue. On ne peut pas dire « lire », même si c’est le cas, car mon angle d’approche était vraiment de comprendre ce qui m’accrochait (je les ai empruntés à la bibliothèque parmi beaucoup) et ce qui me décrochait.

Pourquoi abandonner ou être déçue, alors qu’a priori plusieurs ingrédients étaient là pour me plaire ? Qu’est-ce qui n’allait pas dans ma lecture ? Suis-je seulement capable de lire autre chose que ma documentation ?

Les articles « In-Existence et l’édition » mêlent journal d’écriture du projet « In-Existence » et recherches sur le monde de l’écriture, depuis les groupes de jeunes auteurs jusqu’à la promotion des ouvrages publiés. Il s’agit pour moi de me soutenir moralement dans l’avancée de mon marathon tout en comprenant mieux comment mon travail se place au milieu de tous les autres.

📕 Articles récents dans la catégorie

📝Journal d’écriture

■ Je débarque, c’est quoi In-Existence ?

J’ai rafraichi complètement les pages de présentation d’In-Existence ! Pour le lecteur, ce n’est peut-être pas un changement radical, mais c’était long, et j’espère (surtout) que cette réorganisation me facilitera les mises à jour futures !

■ L’esprit de La toile de la malédiction

Je travaille à boucler le JOUR 2 sur La toile de la malédiction. Le défi avec ce monstre, c’est son volume. Les chiffres dans « l’état du chantier » devraient vous donner la mesure du problème (pour les rôlistes : 1 million de signes, c’est une encyclopédie 400 pages richement illustrée, format A4).

Bien sûr, il existe beaucoup de gros livres et de séries-fleuves. Néanmoins ces format constituent une prise de risque éditorial, d’autant plus quand l’auteur est inconnu.

📍 Un article rassemblant quelques données sur les formats et les problèmes associés

Changer La toile de malédiction pour qu’elle tienne en un volume ne marche pas, ou plus justement, ne peut se faire qu’à un prix que je ne me sens pas prête à payer. Le cœur est pour moi précisément dans le cheminement qui tient de la gestion de crise :

  • Prendre conscience de l’existence d’un problème inédit (mais en réalité déjà ancien par son influence, il avait su rester inaperçu)
  • Identifier sa nature, sa cible, son ampleur, limiter les dégâts collatéraux, prendre des mesures pour sécuriser ce qui peut l’être
  • Identifier l’ampleur et les moyens mis en œuvre par le problème. Constater qu’il faut travailler en équipe.
  • Établir un plan d’action qui n’aggrave pas le problème, alors même que ce dernier évolue en même temps qu’on y réfléchit
  • Gérer l’aggravation de la crise, tout en collectant de nouvelles informations, parce qu’on agit et décide depuis le début avec des données parcellaires et une situation mouvante. Idéalement, résoudre la crise.

Chacune de ces étapes correspond à une partie (taille : entre un petit roman et un roman moyen-gros). Ce n’est pas parfaitement net et tranché, parce que l’action est continue et qu’il y a donc toujours une action en cours.

Comme ma méta-structure (l’évolution de la crise) n’est probablement visible que de moi (ou d’un lecteur attentif, avec le recul), il est important que les enjeux dramatiques spécifiques à chaque partie soient lisibles et satisfaisants en eux-mêmes.

En substance « c’est énorme, il y a intérêt à ce que ce soit agréable et intéressant dès le début !« . Parce que je ne suis pas la seule sur Terre à reposer des livres en trouvant mieux à faire.

🔷 Quel est le problème ?

■ Méthode de travail

● Questions

Ce blog vous donne un bon aperçu de l’état de mes fichiers. Dans le cas de la lecture d’un livre, je procède pas à pas :

● État d’esprit de l’analyse

Tous les livres édités sont par définition des vainqueurs de la course à la publication. Ils ont été choisis parmi des milliers de manuscrits soumis. Quand ils sont traduits, ils ont réussi à être (en plus!) vendu dans une autre langue. S’ils arrivent jusqu’à moi, ils ont aussi séduit les bibliothécaires. Bref, un grand nombre de personnes les ont estimé « bons ».

L’enjeu pour moi est donc de mettre en balance les éléments positifs et négatifs.

Je m’appuie sur les conseils et témoignages de professionnels que j’ai pu collecter au cours des mois passés.

🔍 Un état des lieux de mes recherches au cours de l’automne 2025

■ Causes d’abandon 1 : problèmes de compréhension

Ce sont des cas qui pour moi présentent de vrais problèmes. Ils nuisent directement à la capacité de comprendre la situation.

■ Causes d’abandon 2 : l’écriture (dialogues, descriptions)

Ces points sont moins décisifs que les précédents, mais leur accumulation conduit au même résultat (abandon).

■ Causes d’abandon 3 : le manque de direction et de sens

Une histoire n’est pas qu’une suite de paragraphe avec un lien logique avec celui qui précède et celui qui suit. Il me faut aussi un fil entre le début et la fin du livre, une trame qui constitue une identité.

📚 Plus de méditations sur la recherche de sens

🐭Digression :

J’ai commencé à suivre (par vidéo) le séminaire d’Isabelle Ratié sur l’histoire des systèmes de pensée de l’Inde. Son cours porte sur les querelles du soi et du non-soi. A savoir : existe-t-il un « soi » qui assure l’unité de l’individu au cours de sa vie et au-delà ? Si oui, de quoi s’agit-il ? Si non, comment expliquer la mémoire et la rétribution karmique ? J’ai l’impression que je cherche justement le « soi » des histoires que je lis, et que je rejette la simple succession d’événements.

■ Cause d’abandon (ou de crispation) 4 : les inconsistances de l’universe

On est ici dans des causes encore plus subjectives, mais qui ont une influence forte sur l’abandon de livre (ou mon agacement en lisant, ou les deux). Je constate que j’ai un problème avec les univers en eux-mêmes.

Pour les problèmes d’univers, je prends deux exemples de livres que j’ai croisé récemment. Je précise qu’ils ne sont pas « mauvais ». Il me fallait des cas pour illustrer mon propos, et ils sont les plus clairs dans mon esprits pour cause de fraicheur de lecture.

● Les domaines souvent malmenés

De manière générale, dans mes lectures, les problèmes que je repère sont rassemblés autours de quelques domaines :

● Incohérences et inconsistances

L’histoire racontée peut être cohérente (succession des événements), mais l’inconsistance du cadre avec les événements rend ceux-ci artificiels. La dynamiques cause-conséquence qui structure l’avancée de l’intrigue est faussée.

Je suis très sensible à la cohérence du contenu de l’histoire, mais aussi de son lien avec son cadre. J’aime pouvoir me dire « cette intrigue se déroule là et si on plaçait l’événement modificateur ailleurs, ce serait totalement différent« .

🔍Où je me questionne sur les limites acceptables de l’appréciation de la cohérence dans un récit

● Pourquoi ?

Je me suis demandé ce qui clochait avec les sciences humaines (et environnementales). Pourquoi je constate des simplifications, quelle est leur cause ? Je suis passée par plusieurs stades :

🐭Détour méthodologie

Me concernant, ma démarche est :

  • Identifier ce que je veux raconter (ville sous-marine ou dragons, ou voyage dans l’éther…)
  • Identifier les situations qui doivent être possibles
  • Remplir méthodiquement avec des solutions techniques ou magiques, qui doivent toutes être cohérentes avec les précédentes créées

Cette approche permet d’avoir les ingrédients dramatiques qu’on veut (invasion de zombies ou que sais-je), mais aussi de développer la profondeur et l’unicité du cadre. Plus on cherche des explications, et plus on crée un tissu dense, qui est spécifique à ce seul lieu.

La documentation est donc un moyen d’enrichir les situations dramatiques, en pensant à poser certaines questions, puis en cherchant des réponses, et les problèmes qui peuvent se poser. Dans cette perspective, ne pas aller au bout du développement du cadre revient à perdre des éléments d’histoire qui pourraient être de grande valeur.

🐭 L’hypothèse du problème du temps de développement

J’ai croisé un témoignage récemment (je n’ai pas réussi à trouver exactement la source parmi les podcasts de l’autrice (peut-être ici, je n’ai pas eu le courage de tout réécouter). Margot Dessenne évoquait son bouclage compliqué de son dernier roman (prévu pour septembre 2026). En particulier, elle avait sacrifié de l’ordre de 80% d’idées super cool en lien à son univers pour se concentrer sur l’histoire qui devait tenir en un volume. De ce que je comprends, elle ne compte pas réutiliser ses éléments de conceptions d’univers (alias worldbuilding).

Justement, l’univers provoque d’autres problèmes dans des livres : l’infodump, c’est à dire le fait d’inonder le lecteur de choses à retenir (ou pas) à propos du monde. C’est un défaut parait-il récurrent dans les livres des genres de l’imaginaire. Et si on croise avec le témoignage de Margot Dessenne, c’est cohérent.

Or c’est un travail monstrueux de créer plein de choses. Comme dans un iceberg, seul 10% au mieux sera visible sur le seul univers ! Or le roman lui-même ne représente qu’une fraction du travail d’écriture! Donc écrire un roman en imaginaire revient à fournir une dose plus importante de travail (la conception du cadre) et à jeter davantage de choses à la poubelle. Pourquoi se faire tant de mal ?

De mon côté, je crée aussi un monstre, FIM, mais il existe de toutes façons, il est un monde prêt à l’emploi, pour du jeu de rôle ou du roman (selon le coin et le type d’histoire). Je gère donc le problème des profondeurs de l’iceberg d’univers en gardant le même univers comme vivier.

■ Cause d’abandon (ou déception) 5 : le sens de l’univers

● Mes problèmes avec plusieurs genres

Il arrive que je termine le livre, et que je sois très mal à l’aise à la fin (exemple ci-après). Parfois je renonce même à lire dès le résumé de quatrième de couverture. Le problème ici est le sens qui est associé au cadre.

🔍 J’ai adoré le début, l’humour, l’énergie… et j’ai fini par être du côté du méchant et maudire les gentils 😱

Le cadre d’une histoire dit aussi quelque chose, qui peut compléter l’intrigue ou s’y ajouter. Ci-après pourquoi je ressens un vif malaise à propose de plusieurs genres :

● Mes problèmes avec les sociétés représentées

Au-delà de la question du genre littéraire, il y a à mon sens un problème transversal : la quantité massive de cadres imaginaires qui reprennent exactement les structures sociales de notre monde.

On trouve quantité de systèmes de magie, des créatures, des lieux merveilleux… mais dans mon expérience de lecture je peine vraiment à trouver des sociétés égalitaires. Je trouve beaucoup d’aspiration à l’égalité, mais elle est toujours reléguée au futur, à « après la révolution », « après qu’on ait abattu le tyran ». Bref, à un au-delà irréel. Alors même que nous sommes dans les littératures de l’imaginaire !

🐭 En conclusion : je cherche de la « social fiction »

Si j’ai beaucoup d’appétence pour des lieux merveilleux (magiques ou spatiaux) avec des architectures grandioses, et des bestioles improbables, de plus en plus, je recherche une forme de « social fiction »

  • Des sociétés égalitaires et fonctionnelles (avec des défauts, et des enjeux dramatiques)
  • Qui racontent autre chose que du darwinisme social sauvage
  • Qui sont intéressantes, variées, magiques ou non, à différents niveaux de technologie, avec toutes sortes de problématiques

En pratique, c’est l’approche que j’ai adopté pour mes propres écrits, mais quand je fouine, c’est aussi ce que je cherche.

A suivre ! ✨

Objectif 2026 : finir le JOUR 6 !

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