Les personnages ont-ils vraiment besoin de défauts ?

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Précédemment, je m’étais intéressée à mieux comprendre ce qui cause mes abandons de lecture, pour cerner ce que je cherche en tant que lectrice et autrice.

Qu’est-ce qui cause mes abandons de lecture ?

Je suis atteinte d’une fâcheuse tendance à ne pas tenir de nombreuses lectures de roman jusqu’au bout, alors même que je peux lire sans problème des textes ardus non fictionnels au kilo. Quel est le souci ?

En poursuivant ma réflexion (et mes emprunts à la bibliothèque), j’ai constaté que plusieurs ouvrages me posaient souci à cause du personnage principal. Pourtant, ce n’étaient pas des « Mary Sue/Gary Stu » (sur Wikipédia). Alors qu’est-ce qui n’allait pas cette fois ?! En creusant, j’ai commencé à douter du précepte incitant à donner des défauts et des failles intérieures. Un élément pourtant fondamental en théorie…

Les articles « In-Existence et l’édition » mêlent journal d’écriture du projet « In-Existence » et recherches sur le monde de l’écriture, depuis les groupes de jeunes auteurs jusqu’à la promotion des ouvrages publiés. Il s’agit pour moi de me soutenir moralement dans l’avancée de mon marathon tout en comprenant mieux comment mon travail se place au milieu de tous les autres.

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■ Jul a-t-elle vraiment des défauts ?

Le déclic de mon problème m’est venu en revenant du marché, avec tout ce qu’il faut de bon pour se nourrir et être heureuse. J’en suis venue à me questionner sur mes personnages.

« Jul a-t-elle vraiment des défauts ?« 

Jusqu’à présent, tous les primo lecteurs l’aiment, certains la qualifiant même de leur « chouchoute ». C’est une fugueuse de 16 ans, fan de cinéma, qui trouve toujours une comparaison à faire avec des fictions, qui s’imagine très vite des trucs invraisemblables et très cinématographiques (incluant des sectes d’assassins et des règlements de compte à la lumière des phares de voiture), mais elle est également pragmatique et organisée (et bonne en calcul mental dès qu’il s’agit d’argent) ; elle est dotée d’un appétit vorace dès qu’elle ne paie pas…

De mon point de vue, il n’y pas là de vrais défauts. Elle n’hurle pas sur les gens, sait s’excuser, demander de l’aide, réfléchir… Bref, on n’aura pas de « drama » avec elle en mode « jamais plus je te parle ».

Mais pourquoi est-elle malgré tout un bon personnage ? J’ai l’impression que la clef réside dans la stratégie de résolution de problème. Jul a une manière bien à elle de gérer les soucis. Ce n’est pas forcément adapté, mais le style est reconnaissable. Parler de « défaut » de cette stratégie, globalement fonctionnelle, c’est comme de reprocher à un mulot de fuir le danger : ce n’est pas de la lâcheté, c’est une stratégie rationnelle.

Et donc : sujet d’article tout trouvé ! « Défauts versus stratégie inadaptée« !

🐭 Les mulots hantent visiblement autant mes textes que ma cuisine…

La perspective du mulot (et de Vanik)

A l’origine, le personnage de Vanik Memini n’était pas prévu. Il s’est imposé comme un témoin central des événements. Réfléchir à son propos m’a amené à me poser d’autres questions, sur la peur et la vulnérabilité en jeu notamment.

🔷 D’où vient cette histoire de besoin intérieur ?

■ L’école d’écriture américaine

● Une influence considérable

Si vous cherchez des conseils pour travailler votre écriture, vous trouverez beaucoup de ressources venant des États-Unis. Il y a aussi des ouvrages et des sites en France (ou en général en français), mais eux-aussi parlent de ces auteurs. Il y a beaucoup à apprendre et à réfléchir, ce n’est pas le problème ! Mais comprendre d’où vient un modèle est utile.

Un exemple de l’influence avec les 22 règles de Pixar présentées chez des auteurs français :

● Des félins et des héros malheureux

Vous ne connaissez peut-être pas son nom, mais vous êtes familiers de cette structure. Save The Cat est un plan très répandu. Ce qui m’interpelle est au niveau du personnage principal :

On retrouve aussi cette affaire de besoin interne versus besoin externe est banal. Je l’ai aussi croisé notamment dans :

Je suis incapable de citer une seule source de recommandations qui n’ai pas évoqué les défauts comme essentiels à la complexité et à l’évolution du personnage. C’est tellement mentionné comme une évidence que je me suis parfois surprise à machinalement dire que mes personnages avaient plein de défauts pour dire qu’en fait je les trouve bons ! 😱 Parler de défauts parait presque un moyen de dire du bien en restant un auteur modeste ! 😱

🐈 Save the Cat, en résumé
  • Image d’ouverture (1%). Une scène courte, presque ordinaire de la vie du héros. Ce sera le point de comparaison avec la toute dernière scène du roman.
  • Mise en place (jusqu’à 10%). Personnage principal et personnage secondaire, les failles du héros, les enjeux.
  • Le thème est annoncé (vers 5%). Quelqu’un dit une phrase en apparence anodine au héros, et il s’agit de la leçon centrale du roman, mais le héros n’y prête aucune attention, alors qu’un lecteur attentif le voit. À la fin, il doit voir que tout était déjà là.
  • Un événement catalyseur (vers 10%). Il brise l’équilibre. C’est une rencontre, une perte, une opportunité… Le retour en arrière devient difficile voire impossible.
  • Un débat (10-20%). Le héros hésite, il a peur. Personne n’est censé foncer tête baissée vers l’inconnu. Il pourrait encore refuser.
  • Fun et jeu, des événements amusants (20 à 50%). Les débuts du héros dans le nouveau monde, il explore, il expérimente, avec de petits succès et de petits échecs. Partie souvent la plus divertissante, qui répond aux promesses initiales.
  • Histoire B (alias « sous intrigue ») (vers 22%). Un nouveau personnage, une variante sur le thème du roman. Le héros commence à comprendre ce qu’il doit changer en lui grâce à ce miroir. Les deux intrigues évoluent en parallèle et finissent par se rejoindre à la fin.
  • Point médian (50%). Un point pivot obligatoire. Une fausse victoire, soit une fausse défaite. Les enjeux montent, le héros ne peut plus avancer aussi librement qu’avant.
  • Les forces adverses se rapprochent (50 à 80%). Les défauts du héros lui nuisent sérieusement. La pression est interne et externe.
  • Tout parait perdu (75%). Un événement très négatif a lieu, avec une perte importante.
  • Désespoir : « Dark Night of the Soul » (75 à 80%). Réaction émotionnelle du héros confronté à l’effroi. Le héros doit toucher le fond pour permettre la résolution finale. Le lecteur doit craindre pour le héros, pour l’issue de l’histoire.
  • Décision. Le héros comprend enfin ce qui doit changer en lui pour résoudre ses problème. Il élabore un plan, tire les leçons de tout ce qu’il a vécu dans l’intrigue. Résolution. Le héros prouve par ses actes qu’il a vraiment changé.
  • Dénouement. Qui peut être encore subdivisé
    • Rassemblement. Le héros réunit ses alliés, il prépare.
    • Exécution du plan. En premier lieu, ça se passe bien.
    • Surprise du donjon. Un dernier rebondissement, l’antagoniste a une longueur d’avance et fait échouer le plan. Un obstacle imprévu surgit.
    • Puiser en soi. Poussé à l’extrême par les événements, le héros une nouvelle fois bloqué, doit mobiliser une nouvelle ressource à laquelle il n’a accès que par une compréhension profonde de tout son cheminement.
    • Nouveau plan. Le héros triomphe parce qu’il a changé.
  • Image finale. Fait écho directement à l’image initiale.

■ La phobie des Mary Sue

Passé le choc de mon propre glissement vers un risque d’hypocrisie machinal, je me suis demandé : « Et si le besoin d’afficher les défauts de ses personnages visait à esquiver l’infamante attribution de l’étiquette Mary Sue?« .

La perfection attachée à cet archétype est devenu un moyen de décrédibiliser totalement un personnage. Cependant, je crois que la perfection (ou l’absence de défaut) n’est pas la caractéristique première de ce type de personnage. Ma réflexion se nourrit d’une remarque en passant d’un bon camarade de jeu de rôle. Il disait en substance qu’une Mary Sue, c’est juste un personnage qui a un cheatcode dans le scénario (ou une armure en scénarium, ou les deux).

Le problème fondamental n’est pas la question morale de la perfection, mais plutôt une combinaison :

Notez qu’ici on frôle la question de la stratégie. Mary Sue peut utiliser immédiatement, sans préparation et avec succès tout ce dont elle pourrait avoir besoin.

■ Malaise sur la quête du bonheur

Il y a un autre aspect qui me pose souci avec le « besoin intérieur ». Voici ce que j’ai retenu de la quantité de conseils et recommandations que j’ai consultés :

Le bonheur est donc accessible dès le début, et relève uniquement d’un perfectionnement moral : on cesse d’être colérique, ou égoïste ou superficiel, etc. Sitôt qu’on a résolu ses défauts moraux, on est en bons termes avec tout le monde, on réussit dans la société et tout est pour le mieux.

Il est certains qu’éviter de hurler sur les gens (ou les voler, ou les manipuler, etc.) améliore la qualité des relations. Mais prétendre que résoudre ces travers garantit la félicité me parait gênant. Il suffit de regarder les actualités pour se confronter à la quantité de gens qui sont confrontés à des problèmes terrifiants, massifs, existentiels, et qui n’ont pas été causés par une faute morale.

De fait, associer la rectitude morale la bonne fortune est une croyance bien enracinée dans plusieurs courants religieux. Pour ce que j’en comprends, c’est très prégnant chez les évangélistes, et cela glisse ensuite jusqu’à l’idée que la richesse est un don de Dieu, une récompense du croyant, et une justification théologiques des inégalités : si vous êtes pauvres et malheureux, engagez-vous sur la voie sur perfectionnement moral.

Dès lors que j’ai commencé à m’interroger sur la représentation du monde associée au « besoin intérieur » comme nécessité de départ d’une intrigue, je me suis sentie mal à l’aise. En un sens, autant qu’en ayant l’impulsion de dénigrer mes personnages en leur attribuant des « défauts » sans y croire vraiment.

🔷 Et si on s’intéressait davantage à la stratégie de résolution de problème ?

On l’aura compris, mon problème avec les défauts est profond :

■ Ce que j’ai retenu des personnages qui m’agaçaient

● La sensation d’un quota de défauts

J’ai eu beaucoup de mal à mettre le doigt dessus. Je peinais vraiment à expliciter la cause de mon rejet. Et puis, à force de chercher, j’ai fini par trouver : « J’ai l’impression qu’on a donné un défaut à ce personnage juste parce que c’est obligatoire d’avoir un défaut pour créer un personnage.« 

Cela donnait des scènes qui me paraissaient contraintes, avec excès de maladresse, de panique, d’émotions… Tout pour bien dire au lecteur « vous voyez, hein, mon personnage n’est pas parfait ! Non, non, non !« .

Sauf que moi, lectrice, je pensais « cette scène est exagérément émotive, forcée, n’apporte rien à part de décrire le défaut« . En fait, ce défaut m’ennuyait autant qu’une digression. Imaginons un roman policier palpitant, et soudain, trois pages d’explication sur les fleurs coupées et le travail de fleuriste. C’est agaçant, parce que ça parait sortir de nulle part et ne servir à rien par rapport à l’intrigue.

J’ai également cette même sensation exaspérant avec beaucoup de polars : l’enquêteur est alcoolique, fâché avec ses enfants, divorcé, avec des problèmes de communication et un père atteint d’Alzheimer. Stop !

● Pas besoin d’un héros tragique pour une bonne histoire

Considérons à côté de ça toute l’œuvre d’Agatha Christie. Hercules Poirot et Miss Marple n’ont pas la moitié du quart des travers couramment présentés. Leurs enquêtes sont des classiques, vendus dans le monde entier, par millions d’exemplaires. Certes on peut dire qu’Hercules Poirot est maniaque, excentrique, qu’il mange trop de chocolat… et alors ? Ce ne sont pas des défauts qui mettent son insertion sociale en péril. On ne peut pas non plus décemment dire que ce sont des handicaps à son bonheur.

En revanche, si on compare Sherlock Holmes, Hercules Poirot et Miss Marple, on a trois stratégies différentes pour résoudre les enquêtes :

Chacun a ses tics, préférences, habitudes, goûts (violon, chocolat, commérages). Ils ne sont pas forcément faciles à vivre au quotidien (le violon à 3h du matin…), mais aucun n’est en quête d’un « bonheur » différent de sa vie. Ils sont satisfaits et explorent leur domaine de prédilection : l’enquête.

Pour revenir au problème central des défauts, on a donc deux dimensions très différente :

● La rigidité des personnalités difficiles

Je tire ce titre de « personnalités difficiles » d’un ouvrage qui a désormais une deuxième édition augmentée:

Les auteurs expliquent par exemple qu’un obsessionnel c’est utile pour repérer une faille, et dans certains cas, c’est vital. Les problèmes viennent moins des tendances du caractère dans l’absolu que d’une combinaison :

Les thérapeutes ne cherchent pas un changement radical, mais à développer des qualités de flexibilité et d’attention au monde .

■ Est-ce que c’est plus facile de créer des personnages en pensant à leur stratégie ?

Penser « stratégie de résolution de problème » plutôt que « défaut à corriger » change la perspective. Je trouve plus de facilité à gérer mes personnages en adoptant cette approche.

● Magicien / Prêtre / Roublard / Guerrier

Pour les rôlistes qui lisent, c’est facile de comprendre cette idée. Si le personnage est un roublard, il est bon dans les scènes nécessitant de la discrétion, mais si on lui colle une armure lourde sur le dos et qu’on l’envoie en duel avec un géant, ça n’ira pas forcément bien.

Chaque personnage a des compétences et des ressources qui constituent ses forces. A l’inverse, s’il doit agir dans un domaine qu’il ne maitrise pas, il sera vite en difficulté.

Dans le cas d’un roman, on dépasse le seul cadre des compétences formelles (grimper, déchiffrer une langue antique, etc.). On touche à la question de la stratégie. Comment un personnage à la psychologie « Roublard » résout-il telle problématique ? Quelles solutions trouve-t-il?

Est-il capable d’apprendre d’autres attitudes ou de demander de l’aide ? On retrouve le « besoin intérieur », mais sous un angle plus concret : si je suis confrontée à un problème inédit, comment je m’y prends ?

● Une perspective évolutionniste

Je trouve très stimulant de lire des articles sur l’évolution naturelle : la part du hasard dans la sélection, la coopération, la diversité génétique (et le coup de chance d’avoir le bon gène pour survivre au bon moment).

Une caractéristiques (a) qui apporte un atout puissant dans un contexte (A) pourrait devenir un handicap dans un contexte (B). La différences entre comportement et génome, c’est que nous pouvons apprendre des comportements (b) qui nous permettent d’agir avec succès dans ce contexte (B). L’acquisition des capacités (b) se fait alors au travers d’un cheminement qui constitue l’un des enseignements du texte.

A l’inverse, si le personnage a échoué à s’adapter et qu’il est détruit par la situation (genres de la tragédie, ou de l’horreur), son échec est également source d’enseignements.

L’un des intérêts de la littérature est alors d’explorer des situations, de comprendre des problèmes et d’apprendre des stratégies.

🐭 En conclusion

J’ai des problèmes avec deux types personnages qui m’ennuient autant qu’ils m’agacent :

  • ceux dont les « défauts » sont là, mis en scènes, mais ne changent strictement rien à son déroulement, comme s’ils décoraient juste
  • ceux qui ont des « jokers » leur permettant d’éviter des conséquences dommageables (souvent sociales) ou de surmonter des obstacles facilement

Dans les deux cas, le fond du souci est le même : je constate que je cherche des résolutions de problèmes. Qu’il s’agisse de bataille magique, d’exploration de planète extraterrestre, de polar ou autre : j’aime comprendre comment les personnages résolvent la situation. Si ce « comment » n’est pas intéressant (stimulant, intriguant, surprenant…), alors je peux aussi bien sauter directement à la dernière page ou arrêter tout court la lecture.

J’en retiens pour moi ces questions :

  • quelle est la stratégie de résolution de problème du personnage ?
  • pourquoi est-il en difficulté ?
  • comment surmonte-t-il malgré tout le problème ?

A suivre ! ✨

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