La toile de la malédiction est une histoire autonome de l’ensemble In-Existence.
PITCH : La Voyageuse parvient à quitter les Enfers avec l’aide d’un invocateur avide de vengeance, mais elle refuse de tuer ses cibles, les membres d’une famille criminelle à la tête de la pègre, cherchant au contraire une solution pour se libérer et dénouer la malédiction qu’elle incarne.
📚 Résumé
La Voyageuse a erré si longtemps dans les Enfers, qu’elle en a oublié jusqu’à son nom, mais pas son désir de se libérer. Quand une occasion unique se présente, elle prend le risque de suivre le fil de la toile d’une malédiction jusqu’à la ville de Demigo.
Cité élégante, animée et moderne, Demigo vit depuis sa fondation sous l’influence de bandes criminelles organisée, dont la plus puissante est aussi la plus ancienne : la brigade Spinelli. La dynastie à son sommet cependant doit se défendre contre plusieurs adversités. Un procès menaçant d’envoyer deux fils de la cheffe en prison, tandis que des trahisons et des ambitions dangereuse au sein même de ses rangs sèment le trouble.
Mais la menace la plus redoutable demeure la plus insidieuse : cette étrange araignée qui tisse sa toile fatale. La Voyageuse doit découvrir ce qui est à l’œuvre pour ne pas en devenir la marionnette.
🌆 Mots-clefs
- Une relecture des genres du film noir et de gangsters
- Un monde égalitaire entre femmes et hommes
- Roman choral
- Malédiction
- Enfers
- Mafia
- Secrets de famille
- Trahison
- Rédemption
📖 Incipit
Pour lire…
Entrée vivante dans le monde des morts, la Voyageuse restait libre. Elle progressait, vigilante et attentive. Autour d’elle, la brume devenait moins dense, tandis que des racines poussaient sur les parois du tunnel. Approchait-elle enfin d’une sortie ? Elle cherchait depuis si longtemps ! Des années, des décennies… des siècles, peut-être ? Elle avait oublié son nom et sa vie passée, mais pas l’espoir de s’échapper.
Qui es-tu ? D’où viens-tu ? Qui t’attend ?
Tu n’existes pas.
Le lacis de chemins se dessinait dans un lavis sépia, tiède et oppressant. Ce dédale mutable engourdissait les sens, jusqu’à ternir les pensées. Il incitait à l’acceptation et à l’abandon face à des forces démesurées. Seul l’esprit se confrontait à l’usure des suggestions muettes. La Voyageuse avait appris à les entendre et les distinguer de ses propres intentions.
Dans son linceul de soie vaporeuse,
Un songe livide,
Futile et lesté de pain noir !
Le dédale l’invitait à retourner dans les profondeurs. Quiconque avait mangé au banquet funèbre appartenait aux domaines sombres. La Voyageuse ne doutait pourtant pas de son droit à repartir. Son linceul prouvait son existence antérieure, celle d’une mortelle du monde matériel. Elle avait forcément confectionné ce vêtement de soie d’araignée géante. C’était la seule explication possible. Les effets ordinaires s’effaçaient en même temps que l’identité de leurs porteurs. Ce linceul ne protégeait pas les souvenirs, mais le sentiment de continuité. Sans lui, même en conservant ses compétences, elle ne pourrait exister.
Te soumettre en lucidité te libèrera avec dignité,
Rejoins le fil de l’eau !
Les vapeurs du Léthé dansaient et masquaient la voie à emprunter, avant d’engloutir les sentiers explorés. Les eaux de l’oubli suintaient des parois ; elles muaient en un brouillard animé. Si on les suivait, les ruissellements menaient au fleuve. Il coulait paisiblement jusqu’à une mer inconnue, promesse d’une délivrance par l’effacement.
La Voyageuse refusait cette fin, tout comme elle s’était détournée de la Porte d’Aube. Aussi ne lui restait-il que la route la plus difficile : le labyrinthe de la Colline Creuse. Il ouvrait sur plusieurs mondes matériels. Plus d’une fois, la Voyageuse s’y était aventurée en vain. Il suivait des lois implicites, qu’il fallait découvrir pour espérer en sortir. La première règle s’était rapidement imposée : ne jamais se retourner, sous peine de revenir aussitôt dans les salles centrales. Les tunnels changeaient, ou elle les oubliait. Il ne restait plus qu’à recommencer. Mais quelles étaient les autres lois ?
Par ici !
Une intuition puissante la guidait vers des couloirs plus clairs. Il lui semblait suivre un fil invisible. Où menait-il ? Pourquoi ? Qu’était-il ? L’espoir l’aiguillonnait. Jamais elle n’était parvenue si près de l’extérieur !
Regarde !
Un halo l’attira. Une ouverture ? La Voyageuse s’approcha. La clarté devenait plus vive, l’air fraichissait, la brume avait disparu, les couleurs s’affirmaient, le toucher s’aiguisait ! Elle atteignait le terme de son errance ! À mesure qu’elle s’avançait vers l’orée lumineuse, les concepts et les mots d’une société inconnue bourdonnaient autour d’elle, l’imprimant d’images, de fragments, d’expressions, de sens et d’évidences.
La Voyageuse se tenait sur un seuil ! Après le crépuscule perpétuel des Limbes, l’ouverture l’éblouissait. Il lui suffisait d’un pas pour quitter la pénombre. Elle serait enfin libre ! Pourtant, une infime sensation déplaisante la retenait. Elle hésitait. Sans l’influence lénifiante des brumes, elle percevait un malaise… si fin, si fugace, si léger qu’elle peinait à se concentrer dessus. C’était comme un fil d’araignée, qui se collait à elle et l’entravait. Alors que faire ?
Si la Voyageuse rebroussait chemin, elle perdait à jamais cette sortie ! Sans cette mystérieuse intuition, elle ne l’aurait pas trouvée. Parviendrait-elle à trouver une autre issue ? Comment ?
De l’autre côté du portail, la lumière portait des promesses de liberté. Elle reprendrait consistance. Elle reverrait le soleil, le vent et le ciel étoilé ! Elle sentirait les odeurs, elle entendrait la musique ! Elle vivrait ! Elle avait besoin de s’incarner pour exister véritablement.
Impossible de revenir dans les tunnels. Elle s’y refusait. La Voyageuse franchit le seuil.
🔍 Pour en savoir plus
Pour continuer à feuilleter…
📍 Quelques pages pour poursuivre les recherches
📍 Articles récents de la catégorie In-Existence









