Fortuna Imperatrix Mundi

L’emprise de l’ogre

La toile de la malédiction est une histoire autonome de l’ensemble In-Existence.

PITCH : Lilyan Meirse a toujours servi fidèlement les Lastôr, mais sa loyauté est mise à rude épreuve quand de vieilles affaires criminelles passées reviennent à la lumière, tandis que son employeur nourrit une fascination inquiétante pour le surnaturel.

📚 Résumé

Voilà onze ans, un groupe d’amis se réunissait dans un chalet luxueux pour passer quelques jours de vacances en hiver. Leur séjour devint un cauchemar dont seuls trois réchappèrent. Éline Cliffe fut enfermée à l’asile psychiatrique de Blakova, accusée de l’ensemble des meurtres. Pas de procès, pas d’aveu, mais il faut bien un coupable, car les deux autres survivants ne peuvent avoir commis les faits!

Maxim Arakel Lastôr a hérité de l’empire familial à la mort de son père. Il jouit d’un immense prestige et de moyens considérables. Marqué par l’horreur, il nourrit une fascination pour les mystères, en particulier ceux que la science peine à expliquer. Il s’est préparé. Il est prêt.

Lilyan Meirse est le troisième survivant. Serviteur des Lastôr depuis son adolescence, il tente de concilier loyauté, intégrité et efficacité. Les passions sombres de son employeur l’inquiètent, mais il craint plus encore les squelettes qui grattent la porte des placards.

🌆 Mots-clefs

  • Une relecture des genres du cold case et du slasher
  • Thriller fantastique
  • Héritage
  • Les ombres d’anciens crimes
  • Quête mystique
  • Démesure et raison
  • Loyauté et intégrité
  • Justice

📖 Incipit

L’incipit désigne le début d’un livre. Vous trouverez ici une partie du premier chapitre (version du 27 février 2026).

📖 Pour lire…

Le projet Alekto s’achevait ; CartoLas approchait. Depuis les coulisses du quarantième étage, Lilyan Meirse parait et réparait. Une pièce remplie d’écrans de surveillance jouxtait le standard des urgences, lui-même proche des archives et de la salle de réunion de crise. LastôrEnt était l’une des entreprises les plus en vue de tout le Regenland, et la plus célèbre de la ville de Demigo. Une armée au service de la vision de son président.

Maxim Arakel Lastôr avait hérité d’une dynastie prospère. Âgé d’à peine plus de trente ans, il fascinait. On glosait sur les tragédies de son passé, on admirait son intelligence, on scrutait ses décisions dans tous les domaines. Développait-il ses affaires en ZoNorÉc ? Se retirait-il des hauts fourneaux d’AciédDem ? Quels artistes soutenait-il ?

Lilyan anticipait d’autres questions avec inquiétude : « Sommes-nous dirigés par des occultistes ? », « Où nous entraine l’homme providentiel ? ». CartoLas le préoccupait, en particulier à cause de l’entrevue de ce soir, à propos de ce tableau… Il chassa ces ruminations. Il était en pause. Il avait promis à sa mère de vraiment se ménager après son accident, l’été dernier. Une bête fracture, mais aussi un signe d’épuisement. Il grignota une poignée de fruits secs. La salle de repos n’était qu’une pièce aveugle sans apprêt ni attrait, collée aux archives. Divers journaux et magazines s’étalaient sur la guérite, avec un unique point commun : ils évoquaient l’empire Lastôr.

« Tu veux une revue de presse synthétique ? » s’amusa Lindsay Blum, le responsable des archives. La soixantaine, costume bleu acier bien coupé, et son seul compagnon pour l’heure. « Il y a tellement d’articles, que c’est facile d’en rater un ! Mais je te rassure : nos archives sont bien à jour et complètes. »

Une ironie marquée du souvenir du pouvoir. Lindsay avait dirigé la sécurité jusqu’au décès d’Erich Flegst Lastôr, le père de Maxim. Une mort officiellement accidentelle, mais aussi brutale qu’étrange.

Lilyan tria machinalement les magazines par date, et s’arrêta sur la couverture de L’Expert. Maxim posait devant son bureau, en tricot et pantalon sombres, à la fois détendu et vigilant, le regard perçant. Le cadrage avait soigneusement esquivé le grand tableau de Maxim. Trop malaisant, sans doute. La revue économique titrait « Brouillard magnétique : Le nouveau défi de Lastôr ».

« Il a vendu la mèche sur CartoLas, observa Lindsay.

— Il est passionné par ce sujet. »

CartoLas, soit le département cartographique des entreprises Lastôr.

Le brouillard magnétique ne cessait de menacer la navigation, provoquant des naufrages et des disparitions de navires. Sa fréquence augmentait. On avait même perdu la route de Thungsia, la seule voie vers Artland. Désormais, le continent de la Gée était isolé du reste du monde. Un tel mystère avait tout pour plaire à Maxim.

« Tous les autres s’y sont cassé les dents.

— Ça fait partie de ses motivations, sourit Lilyan. Pas impossible que ce soit la plus importante, d’ailleurs.

— Alors, il a vraiment lâché les Spinelli ? C’est fini avec le dossier Alekto ?

— Verdict demain. »

Lindsay le savait. Les journaux récents titraient tous sur « le procès des Frères Spinelli ». Techniquement, il impliquait sept gangsters, dont les fameux Geremie et Lorenz. Un règlement de compte barbare, un véritable massacre. La chute de ces meurtriers porterait un rude coup à la « brigade Spinelli », la plus ancienne organisation criminelle de Demigo. Néanmoins, même en cas de condamnation, leur mère, Eufemia, continuerait de régner.

Est-ce qu’on a vraiment changé la donne ?

« C’est fini, médita Lilyan. Nous devons aller de l’avant !

— C’est une expression de Maxim.

— CartoLas va nous submerger de travail de toute façon.

— Comme chaque nouvelle affaire prioritaire, ironisa Lindsay.

— Les Spinelli appartiennent au passé désormais.

— Tu enterres le passé un peu vite. Il bouge encore !

— Nous avons fait le maximum. Enfin… 

— On ne peut pas réclamer l’impossible. Cette bobine a été détruite depuis longtemps, crois-moi. Elle n’existe plus. »

Les frères Spinelli juraient avoir passé la soirée à une fête d’anniversaire. Leur alibi dépendait des mensonges des convives. Un couple d’invités avait pourtant photographié la célébration ! Vingt-quatre clichés de toasts, groupes éméchés et danses. Si la version des tueurs était vraie, cette bobine de film aurait pu établir leur présence. S’ils mentaient, en revanche, l’absence de sept personnes se remarquerait à coup sûr. La preuve avait disparu dès frimaire 114, juste après le crime. Maxim avait exigé de la retrouver, plus de deux mois après, et en dépit de l’échec de la police ! Ça avait été le point de départ du projet Alekto.

« Il fallait abandonner, évalua Lindsay.

— Maxim n’abandonne jamais.

— Et comme tu exécutes sa volonté, tu n’avais pas le choix. 

— Nous avons dépassé les limites. »

🔍 Pour en savoir plus

Si vous souhaitez plus d’information sur In-Existence, son univers, les recherches autour de ce projet, vous pouvez trouver des éléments dans les pages et les articles suivants.

📍 Quelques pages pour poursuivre les recherches

📍 Articles récents de la catégorie In-Existence