De la ligne éditoriale au droit moral

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Ma veille sur le monde de l’édition m’a amené à un point sur les grandes maisons d’édition et de quoi comprendre en quoi l’affaire Grasset est instructive sur la relation entre auteur et éditeur.

Les articles « In-Existence et l’édition » mêlent journal d’écriture du projet « In-Existence » et recherches sur le monde de l’écriture, depuis les groupes de jeunes auteurs jusqu’à la promotion des ouvrages publiés. Il s’agit pour moi de me soutenir moralement dans l’avancée de mon marathon tout en comprenant mieux comment mon travail se place au milieu de tous les autres.

📕 Pour en savoir plus sur In-Existence

Sommaire

  1. 🔷 Le groupe Hachette et Grasset
    1. ■ Introduction aux groupes d’édition
    2. ■ Une infolettre de Substack spécialisée dans la revue de presse sur l’édition
    3. ■ Des articles et des tribunes
  2. 📝Quels enseignements pour les auteurs ?
    1. ■ Il n’y a pas que la ligne éditoriale
    2. ■ L’évolution du catalogue et la confiance du public
    3. ■ Des demandes d’extension du droit moral
      1. 💬 La vulnérabilité de la majorité des auteurs
    4. ■ Le cas des contrats intuitu personae
  3. 🐭 En conclusion

📍 Les analyses d’œuvres incluent toujours des éléments sur leur contenu. Si vous craignez d’être divulgâché, vous pouvez utiliser les titres des paragraphes pour vous faire une idée de leur thème.

Hormis les citations et les images

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🔷 Le groupe Hachette et Grasset

■ Introduction aux groupes d’édition

La chaine de « Jeannot se livre » propose des enquêtes et des analyses sur des ouvrages ou le monde de l’édition. Dans « Qui possède les LIVRES ? », elle s’attarde sur le phénomène de concentration dans l’édition et les incidences. C’est une base didactique pour comprendre rapidement les groupes en présence, avec :

📝 Cette vidéo a été publiée avant le séisme provoqué par l’éviction d’Olivier Nora à la tête de Grasset.

■ Une infolettre de Substack spécialisée dans la revue de presse sur l’édition

L’infolettre « Sous l’œil du gendarme » est toute récente, mais tombe à pic pour suivre tous les détails de l’affaire Grasset. En deux épisodes, vous aurez tout ce qu’il faut pour suivre :

■ Des articles et des tribunes

Il y a tellement d’articles, d’émissions, de tribunes qui se succèdent à un rythme dense, que je n’ai pas fait le tour de la totalité encore. Si vous êtes intéressés, voici quelques liens :

📝Quels enseignements pour les auteurs ?

■ Il n’y a pas que la ligne éditoriale

Les conseils aux auteurs pour les soumissions évoquent régulièrement la « ligne éditoriale » d’une maison d’édition. Il s’agit de ne pas envoyer son manuscrit à un éditeur qui le refuserait automatiquement. Par exemple:

Cependant, dans ces conseils, je n’ai pas souvenir d’avoir croisé le conseil réciproque : « Attention à ne pas être édité par une entreprise dont vous ne partagez pas les valeurs« . En un sens, c’est logique : le refus se fait en premier lieu par l’éditeur.

■ L’évolution du catalogue et la confiance du public

Dans les articles que j’ai consulté récemment, sur Le Monde et Courrier International, j’ai surtout trouvé mention du « catalogue ».

Le « catalogue » est associé étroitement à la réputation d’une maison d’édition. Les œuvres d’auteurs respectés marquent ce catalogue. Chaque nouvel entrant rejoint ce groupe, et renforce son aura par la qualité de son travail. L’enjeu pour l’éditeur est donc d’assurer une sélection (et un travail éditorial de qualité) sur la durée. Il gagne ainsi la confiance du public, qui ose plus facilement acheter une œuvre nouvelle.

Ainsi, à première vue, le catalogue est avant tout un enjeu de la bonne santé de l’éditeur sur le long terme.

Que se passe-t-il quand le catalogue évolue ? Quand l’éditeur, qui assurait son unité et sa qualité, est remplacé ? En toute logique, le public évolue, mais difficile d’imaginer que ce soit une justification pour permettre à un auteur précédemment de mettre fin au contrat.

■ Des demandes d’extension du droit moral

Du côté des auteurs, il y a une demande à étendre le droit moral à des changements de politique éditoriale. Un modèle évoqué plusieurs fois consiste à permettre aux auteurs de quitter une maison d’édition en cas de changement à sa tête. Les journalistes, dans un cas comparable, ont des facilités de départ.

Une extension du droit moral devrait être claire pour préciser quand, comment et à quelles conditions le départ se ferait.

Une autre solution, plus simple, consisterait à envisager plutôt des contrats de d’édition de durée plus courte, mais cela implique aussi pour les éditeurs la possibilité de se défaire d’auteurs vendant peu. La solution la plus juste (ou la plus sûre pour les auteurs) n’est donc pas évidente pour moi.

💬 La vulnérabilité de la majorité des auteurs

Une chose est sûre : hormis dans le cas d’auteurs très bien installés dans le paysage culturel, quitter un éditeur constitue une prise de risque, presque assurément en défaveur de l’auteur.

Illustration de la difficulté d’aller d’un éditeur à un autre avec le même texte, dans un contexte très différent : les auteurs édités dans de petites maisons d’édition qui ferment témoignent (sur les réseaux que j’ai consultés) d’une grande difficulté à retrouve un éditeur par la suite. Autant dire que dans le cas d’un départ volontaire, cela ne sera pas plus aisé.

■ Le cas des contrats intuitu personae

Parmi les (futurs ex ?) auteurs Grasset, certains se distinguent par une clause de leur contrat : ils sont liés directement à la personne de l’éditeur, ici Olivier Nora. De ce fait, ils partent automatiquement avec lui au moment de son départ.

Cette clause nécessite d’avoir une grande confiance dans l’éditeur « personne », davantage qu’en sa « maison ». C’est donc un choix particulier aussi, qui comporte a priori ses propres prises de risque.

Elle a en tous cas le mérite d’offrir une piste de réflexion dans un contexte de concentration éditoriale, d’achats et de ventes, avec parfois des évolutions politiques imposées par le propriétaire.

🐭 En conclusion

Derrière l’évolution de Fayard et de Grasset se posent pour moi des questions autour des contrats d’édition et des possibilités pour les auteurs de récupérer leurs droits quand le contexte évolue. Comment peuvent-ils le faire ? Quand est-ce opportun ?

… et comment cela évoluera-t-il dans les prochaines années ?

A suivre ! ✨

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